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statue de Pierre Kropotkine à Dmitrov

Statue et musée Pierre Kropotkine à Dmitrov

Ephéméride Anarchiste

13 février

photo Emile Maince ° fiche Emile Maince

Fiche anthropométrique "Bertillonnage" d'Emile Maince

Le 13 février 1874, naissance d'Emile MAINCE à Levallois Perret (Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine).
Réparateur d'objets d'art, anarchiste.
Photographié, mesuré et enregistré comme "anarchiste" le 6 janvier 1894 à Paris, probablement arrêté au cours des rafles anti-anarchistes liées au vote des "lois scélérates".
On ne sait pas précisément pour quelles raisons, ni dans quelles circonstances, Emile Maince figure comme anarchiste sur cette fiche anthropométrique. Ce fichier constitué par le criminologue Alphonse Bertillon, qui fonda en 1870 le premier laboratoire de la police judiciaire permettra d'identifier et de mémoriser, outre les délinquants de droits communs, les visages des minorités jugés dangereuses ou réfractaires aux lois de la société bourgeoise.
Bertillon inventa donc l'anthropométrie judiciaire, appelée aussi "Bertillonnage". Ce système d'identification sera ensuite adopté dans toute l'Europe, puis aux États-Unis, et permettra notamment de faire la "chasse" aux anarchistes. Il sera complété par un "État signalétique confidentiel" du Ministère de l'Intérieur, Direction de la Sûreté générale (4e Bureau) répertoriant les anarchistes par listes alphabétiques, qu'ils soient français ou étrangers, expulsés ou non, résidant en France ou hors de France et mis à jour chaque année et communiqué aux services de police et des frontières.
Les individus signalés comme anarchistes faisaient ensuite l'objet d'une surveillance des services de police spécialisés qui constituaient des dossiers parfois très importants à l'insu de ces personnes, où lors de perquisitions. Ils favorisèrent l'infiltration policière et une répression étendue du mouvement anarchiste. Si ces dossiers sont aujourd'hui une source historique importante pour les historiens et les chercheurs, il ne faut pas oublier que l'histoire suit son cours et que les militants d'aujourd'hui sont toujours l'objet de l'attention des "Renseignements Généraux" et autres services de police qui ont en leur pourvoir des moyens beaucoup plus performants pour exercer leurs surveillances que par le passé.

 

georges simenon

Georges Simenon en 1918

Le 13 février 1903, naissance de Georges SIMENON à Liège (Belgique).
Journaliste puis écrivain.
Dès 1924, il se consacre à la littérature policière. Il écrira un nombre impressionnant de romans (dont les Maigret). Il ne participera pas au mouvement anarchiste, ne sera pas davantage un militant, mais lors d'une interview, il déclarera avoir fréquenté les anarchistes dès l'âge de 16 ans, ajoutant notamment:"Je me considère comme un anarchiste non violent, car l'anarchie n'est pas nécessairement violente, celui qui s'en réclame étant un homme qui refuse tout ce qu'on veut lui faire entrer de force dans la tête ; il est également contre ceux qui veulent se servir de lui au lieu de lui laisser sa liberté de penser".
Simenon est mort à Lausanne, le 4 septembre 1989.

 

 

Le 13 février 1936, mort de Temistocle MONTICELLI, à Rome.
Important militant anarchiste et antimilitariste italien, membre du "Comité de défense libertaire".
Il naît le 5 décembre 1869 à Florence, et commence très jeune à militer dans le mouvement anarchiste.
Le 30 avril 1891, il est une première fois arrêté et condamné à 18 mois de prison pour distribution de tracts et pour avoir prôné la Révolution sociale sur une place de Rome. Il est de nouveau arrêté après l'attentat de d'Oreste Lucchesi. Il poursuit ensuite son action à Florence, où il donne des conférences. En contact avec Gori et Malatesta, il effectue un séjour à Marseille en 1897, mais de retour en Italie il est arrêté à Rome en 1898 et est placé en résidence forcée à Ponza. En 1900, il signe dans "L'Agitazione" un appel à la solidarité pour les anarchistes jugés pour "association séditieuse" à Ancône, puis ouvre une petite librairie à Rome, et se lie avec Luigi Fabbri. En 1901, il prend part au Congrès constitutif de la "Fédération Anarchiste Socialiste Laziale"(FASL), puis se livre à une intense propagande antimilitariste. Le 29 juin 1913, il participe au Congrès de défense des victimes politiques et des libertés publiques et publie en septembre dans "Volontà" l'article: "Gli anarchici e la guerra". A l'issue d'un Congrès clandestin tenu à Florence en 1916, un "Comité d'Action Internationaliste Anarchiste" (CAIA) est créé, chargé d'élaborer une pensée commune sur la question de la guerre et de l'Internationale; Monticelli, Binazzi, Mazzoni en sont les membres fondateurs. Monticelli fait ensuite campagne en faveur de Carlo Tresca, Galleani et les autres compagnons persécutés, et tente de contrer les opinions interventionistes au sein de la Bourse du Travail. Il est arrêté pour diffusion d'un opuscule faisant l'éloge du peuple russe. Il prend ensuite part à l'organisation en avril 1919, à Florence, du Congrès anarchiste qui décidera de la création d'une "Union Communiste Anarchiste Italienne". A partir de 1920, il publie le journal "Libero accordo" et soutient la parution "d'Umanità Nova". Il s'implique dans le "Comitato di difesa libertaria" créé pour venir en aide aux victimes de la répression fasciste, qui sera dissous en 1925 par Mussolini. Une résistance clandestine survivra jusqu'en 1926 avec la publication de "Libero accordo". Inscrit sur la liste des personnes à arrêter, Monticelli restera en contact avec Malatesta jusqu'à la mort de ce dernier en 1932. Il meurt quant à lui d'une pneumonie, ce 13 février 1936.

 



Le 13 février 1870, naissance de Joseph DUBOIS




fil chouette

 

journal "A Propaganda anarchista"

En-tête du premier numéro

Le 13 février 1894, à Lisbonne (Portugal), sortie du premier numéro du journal "A Propaganda Anarchista" (La Propagande Anarchiste). Au moins soixante numéros de cette publication hebdomadaire sortiront jusqu'en 1895.

 

 

fil chouette

 

La Protesta umana de San Francisco

En-tête du numéro 10 (deuxième année) du 14 mai 1903, publié à San Francisco

En février 1902, sortie à Chicago du premier numéro de "La Protesta umana" revue mensuelle de science sociale, d'art et de littérature publié par Enrico Travaglio et Giuseppe Ciancabilla. L'année suivante, Ciancabilla s'installe en Californie, à San Francisco, où il réédite "La Protesta umana" en tant que périodique hebdomadaire "di lavaratori in difesa dei lavaratori" (des travailleurs pour la défense des travailleurs). Ciancabilla s'assurera la collaboration du groupe anarchiste francais "Germinal" et quelques numéros sortiront en édition bilingue, italien-français, expérience qui durera quelques mois. Giuseppe Ciancabilla est mort le 16 septembre 1904 à San Francisco.



fil lierre


funérailles de Pierre Kropotkine

Funérailles de Kropotkine
Cercueil et bannières (archives IISG)

Le 13 février 1921, à Moscou. Les funérailles de Pierre KROPOTKINE sont le théâtre de la dernière manifestation de masse des anarchistes en Russie bolchévique. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d'assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes suit le cercueil jusqu'au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, mais aussi des banderoles proclamant : "Où il y a de l'autorité, il n'y a pas de liberté" , ou encore "Les anarchistes demandent à être libérés de la prison du socialisme" ).
Une fois au cimetière, divers orateurs rendent un dernier hommage à l'auteur de "La conquête du pain".



fil lierre

 

plaque des cinq résitants espagnols

Plaque commémorative, Nantes, 1946
Ici reposent les Espagnols : Benedeto BLANCO, Martin BLASCO, Alfredo GOMEZ, Prietto HIDALGO, Miguel SANCHEZ.

Le 13 février 1943, à Nantes, cinq républicains espagnols sont fusillés avec douze autres résistants, par les Allemands, après avoir été condamnés à mort par un conseil de guerre, lors du "Procès des 42". Ces antifascistes de la première heure avaient choisi la lutte armée contre l'occupant. Initiant sans doute les plus jeunes à la guérilla, ces membres actifs du réseau FTP de la région nantaise multiplièrent les actes de "terrorisme" contre les nazis entre 1941 et 1942.

 

fil chouette

 

revue" Contre Courant"

Couverture du numéro 1 (nouvelle série)
publié en février 1952.

En février 1951, sortie à Paris du premier numéro des cahiers mensuels d'études sociales "Contre-Courant" (après un numéro préparatoire hors-série publié en décembre 1950). Le principal responsable de cette publication qui s'entourera de nombreux collaborateurs et qui paraîtra jusqu'en 1968, est Louis Louvet.
"Les courants politiques, philosophiques, moraux entraînent la société vers le totalitarisme. En attendant que la dictature de droite ou de gauche, dont les méthodes sont similaires, ouvre ses camps de concentration ou procède aux exécutions sommaires, l'étatisme s'insinue partout, la natalité se veut excessive, de parti de l'Eglise sape l'école laïque, le fisc est omnipotent, la guerre exterminatrice se prépare. En la circonstance, "Contre-Courant" n'a pas besoin de justifier son titre. Il se suffit à lui-même. Ce sera l'organe de tous ceux qui aspirent à la paix et à la liberté, sans arrière-pensées."
En épigraphe du numéro de février 1952.