brouchure la déclaration d'Etiévant

La déclaration qu'Etiévant ne put faire lors de son procès
devant la Cour d'assises de Versailles en 1892.

Ephéméride Anarchiste

8 juin

François Etiévant ° Claude-François Etiévant

Portrait de François Etiévant
dans le journal "L'Illustration" du 29 janvier 1898 et photo anthropométrique en 1894

Le 8 juin 1865, naissance de Claude-François Georges ETIÉVANT à Paris (17ème).
Anarchiste et antimilitariste.
Son père exerce la profession de comptable. Georges avait un frère aîné, fiché comme anarchiste, Achille Henri Etiévant, né Le 14 juin 1861 à Flammanville (Manche). En juin 1883, devançant l'appel, il s'engage dans l'armée pour cinq ans, période qu'il effectuera dans un régiment de zouaves dans la province d'Oran, en Algérie. Il quitte l'armée en 1888, et aurait travaillé comme typographe (comme son frère). Est-ce cette expérience militaire ou l'influence de son frère anarchiste ? Toujours est-il qu'il devient un antimilitariste virulent et commence, vers 1890, à fréquenter les milieux anarchistes. En 1891, il est condamné une première fois à 50 francs d'amende pour "avoir été surpris, revolver en poche, collant des placards anarchistes".
Dès lors, il refuse d'effectuer des périodes d'instructions pour réservistes
et est finalement déclaré "insoumis". Un rapport de police du 15 février 1892 le signale comme partisan d'un attentat contre l'ambassade d'Espagne, pour venger la mort des anarchistes de Xérès.
Il monte alors un groupe anarchiste nommé "Groupe amical d'études sociales d'Asnières". Mais lors d'une perquisition dans le local servant de lieu de réunion au groupe, la police découvre des cartouches de dynamite provenant du lot dérobé à Soisy-sous-Etiolles (dont une partie aurait servi aux attentats de Ravachol). Poursuivi avec Faugoux, Chalbert et Drouhet, Etiévant est condamné le 25 juillet 1892, par la Cour d'assises de Versailles, pour le recel de ces explosifs, à cinq ans d'emprisonnement, peine qu'il effectuera à la prison de Poissy.
A sa sortie, il collabore au "Libertaire", dont il aurait été gérant. En décembre 1897, il est à nouveau poursuivi par la justice pour "apologie de crime" dans un article "Le Lapin et le Chasseur" saisi dans les locaux du Libertaire. Il passe alors dans la clandestinité et sera condamné par contumace à deux ans de prison pour ce délit de presse.
La vie de traqué lui pèse-t-elle ? Toujours est-il que dans la nuit du 18 au 19 janvier 1898, il décide de se venger de toutes ces persécutions policières en frappant de plusieurs coups de poignard un agent de police en faction devant le commissariat de la rue Berzélius à Paris, puis un second, venant au secours de son collègue. Maîtrisé, Etiévant est enfermé dans une des cellules du commissariat sans avoir été fouillé, il en profitera pour blesser un policier de plusieurs coups de revolver.
Bien qu'aucun agent n'ait succombé à ses blessures, Etiévant est condamné à mort le 15 juin 1898. "Je ne tiens pas à la vie, elle n'est, pour moi, faite que de misères."
Cette peine sera ensuite commuée en travaux forcés à perpétuité
.
Envoyé au bagne, il succombera moins de deux ans plus tard aux Îles du Salut, le 6 février 1900.

"Par le fait même de sa naissance, chaque être a le droit de vivre et d'être heureux. Ce droit d'aller, de venir librement dans l'espace, le sol sous les pieds, le ciel sur la tête, le soleil dans les yeux, l'air dans sa poitrine, - ce droit primordial, antérieur à tous les autres droits, imprescriptible et naturel, - on le conteste à des millions d'êtres humains."
extrait de sa déclaration, qu'on ne lui a pas permis de faire lors du procès de 1892.

 

 

Vittorio Pini - photo de Vittorio Pini

Vittorio Pini (gravure et photo )

Le 8 juin 1903, mort de Vittorio PINI au bagne de Cayenne.
Anarchiste individualiste et illégaliste italien, théoricien de la reprise individuelle.
Il est né vers 1860 à Reggio Emilia (Italie). Fils d'un volontaire garibaldien, il a une enfance misérable et est apprenti typographe à 12 ans. Il travaille ensuite pour un journal républicain et s'intéresse à l'action politique, mais après les élections de 1876, désillusionné, il rejoint les internationalistes. A Milan, il prend part à une grève générale de six mois des typographes qui aboutit à un échec et renforce sa conviction sur l'inefficacité de ce type de lutte. Il est un temps pompier puis commerçant avant d'émigrer en France en 1886. Il exerce divers "petits boulots" qui lui font durement sentir l'injustice sociale. La lecture de "Paroles de révoltés" de Kropotkine le convertit définitivement à l'anarchisme. Avec des compagnons italiens, il va créer un groupe anarchiste individualiste qui prendra les noms de : "Les Intransigeants de Londres et Paris", " Les va-nu-pieds de Paris", "Les Rebelles de St-Denis", ou encore "Le Groupe des introuvables". Il théorise alors "l'expropriation" comme moyen de lutte et commet divers cambriolages audacieux, comme celui d'emporter en plein jour sur ses épaules un coffre-fort qui n'avait pu ouvrir sur place. La majeure partie de l'argent récolté servira à financer des journaux comme "Il Ciclone" (1887) ou "Il Pugnale" Le Poignard (1889), qui donne des instructions pour confectionner des engins explosifs. Il crée également une imprimerie, et aidera même financièrement le fils d'un anarchiste emprisonné à poursuivre ses études, lui-même se contentant de vivre frugalement. En 1888, l'ambassade italienne lui reprochera diverses actions comme : d'avoir agressé à coup de couteau un agent du gouvernement italien, à Paris, des tentatives de cambriolages, la fabrication de bombes ainsi que d'avoir eu le projet d'assassiner d'un général italien. Pini aurait été à l'origine de la création de "La Cloche de bois" groupe d'activistes qui se chargeait de déménager discrètement les compagnons en difficulté qui ne peuvent plus payer leurs termes aux propriétaires.
En octobre 1888, il publie "Le Manifeste des anarchistes de langue italienne au peuple d'Italie" dans lequel Amilcare Cipriani est accusé d'avoir trahi l'idéal de la Révolution sociale. Accusé à son tour par deux socialistes italiens d'être à la solde de la Police, il monte avec Luigi Parmeggiani une expédition punitive en Italie et, le 13 février 1889, ils portent des coups de couteaux à un des deux socialistes à Mirandola. Intercepté trois jours plus tard par la police, ils parviennent toutefois, après avoir tiré sur les agents, à prendre la fuite et à rentrer en France. Mais recherché, il est dénoncé et arrété le 18 juin 1889. Seront également arrêtés comme complices Placide Schuppe et son frère ainsi que leurs compagnes dont Maria Soenen. Lors du procès le 4 novembre 1889, il tente de disculper ses présumés complices et revendique haut et fort ses vols comme actions politiques. "Soyez-en certains, je ne rougis pas de vos accusations et j'éprouve un doux plaisir à être appelé voleur par vous."
Il est condamné à 20 ans de travaux forcés. Envoyé au bagne de Cayenne sur l'Ile Royale, il se lie avec Clément Duval et Girier-Lorion. Il s'évadera en 1898, et réussira à rejoindre Paramaribo, au Surinam, trouvant refuge dans une plantation de café. Mais lors d'une chasse à l'homme, il sera repris après avoir été atteint d'une balle dans la jambe droite.

 

 

Le 8 juin 1930, mort d'Antoine ANTIGNAC.
Militant et propagandiste anarchiste.
Né le 15 avril 1864 en Corrèze dans une famille pauvre, il exerce de nombreux petits métiers, puis milite dans les "Bourses du Travail" (créées par l'anarchiste Fernand Pelloutier). Il devient un bon orateur et donne de nombreuses conférences, notamment dans la région bordelaise, où il s'était fixé. Membre de l'U.A.C.R (Union Anarchiste Communiste Révolutionnaire), il devient, en 1925, le gérant de la librairie, mais deux ans plus tard il quitte l'organisation (qui ressemblait trop à un parti) pour participer avec Sébastien Faure à "l'Association des Fédérations Anarchistes". Il collaborera également à la presse anarchiste de "La Révolte" au "Libertaire", au "Réveil de l'Esclave", puis à "La Voix libertaire", etc.

José Pellicer

José Pellicer

Le 8 juin 1942, mort de José PELLICER GANDIA (exécuté par les franquistes).
Militant anarchiste et anarcho-syndicaliste, combattant de "La colonne de Fer".
Il est naît le 28 avril 1912 à Valencia (Espagne). Dactylographe, il adhère en 1932 à la C.N.T. Partisan de l'action directe, il pratique des "expropriations" pour financer le mouvement. Arrêté et emprisonné à Valencia, il parvient à s'évader (après avoir creusé un tunnel). Dès l'annonce du putsch militaire, le 19 juillet 1936, il prend part à la formation de la fameuse "Colonne de Fer", qui part se battre sur le front de Teruel. Fin octobre 1936, il est blessé à Valencia, dans des combats opposants anarchistes et communistes (après l'assassinat d'un milicien de la C.N.T par ces derniers). En mars 1937, la colonne est militarisée (83° brigade mixte), Pellicer est nommé commandant, puis de nouveau blessé. Il est emprisonné quelques mois à Barcelone par les communistes. Libéré le 31 août 1937, il est nommé chef d'un bataillon. Après la défaite des républicains il est arrêté et détenu avec Juan Peiro. Le 26 mai 1942, il est condamné à mort par le tribunal militaire de Valencia.

 

 

Le 8 juin 2010, mort de Sara BERENGUER LAOSA

 

 

fil chouette

 

journal "Le droit anarchique"

En-tête du premier numéro

Le 8 juin 1884, sortie à Lyon du premier numéro du journal "Le Droit Anarchique" hebdomadaire paraissant le dimanche. Ce titre clos la série des journaux anarchistes lyonnais commencée avec "Le Droit Social" en février 1882. Voir la chronologie des neuf titres différents, mais qui portent tous l'épigraphe : "Liberté - Egalité - Justice".
Comme ses prédécesseurs, le journal est aussitôt poursuivi par les autorités et son premier gérant G. Fronteau arrêté le 13 juin. Seuls trois numéros parviendront à sortir, le dernier en date du 22 juin 1884.

 

 

fil chouette

photo : anarchistes espagnols autour du journal "El Corsario"

Photo d'anarchistes espagnols en 1902 autour des journaux "El Corsario" et "Tierra y Libertad"

journal "El Corsario"

En-tête du numéro 22 du 7 novembre 1902

Le 8 juin 1902, sortie à Valence (Espagne) du premier numéro du journal "El Corsario" (Le Corsaire) hebdomadaire sociologique (d'abord bi-mensuel, il passe dès le second numéro hebdomadaire). Dirigé par José Alarcón, il succède au périodique anarcho-féministe "La Humanidad Libre" (1902). Il sera à plusieurs reprises saisi par les autorités et son directeur arrêté. Le dernier numéro connu est le 27 en date du 12 décembre 1902.
A noter que plusieurs journaux portant ce titre ont été publié à La Corogne (Galice).

 

 

fil chouette

 

jounal volonta

En-tête du premier numéro
(Doc. CIRA Lausanne)

Le 8 juin 1913, à Ancôna (Italie), sortie du premier numéro de "Volontà" Périodique de propagande anarchiste. Les responsables de sa publication sont Arturo Belletti et Cesare Agostinelli. Malatesta y collaborera. Le journal publiera des suppléments, le 6 mai et le 12 juin 1914, durant "Semaine rouge" (Settimana rossa), avec le manifeste : "La Rivoluzione in Italia, la caduta della monarchia sabauda" (La Révolution en Italie. La chute de la Maison de Savoie).
Autre manifeste, le 18 janvier 1915 : "Abbasso la guerra !"(A bas la guerre !).
Le journal cessera de paraître après le 9 juillet 1915.

 

 

 

fil yeux

 

hotel de ville d'Alfonsine incendié

Hôtel de ville d'Alfonsine (province de Ravenne, en Emilie-Romagne) incendié.

Le 8 juin 1914, au lendemain de la tuerie policière d'Ancône (deuxième jours de la "Settimana Rossa") la grève générale est proclamée en Romagne, Marche et Emilie, régions où les anarchistes sont particulièrement nombreux. Dans ces regions le mouvement prend subitement un aspect insurrectionnel et plusieurs centres tombent aux mains des insurgés. (voir aux 10, 11, et 14 juin )

arbre de la liberté à Conselice

Arbre de la Liberté à Conselice (Emilie-Romagne)
"Vive la Révolution Sociale"