Ephéméride Anarchiste

8 juin

 

Vittorio Pini

Vittorio Pini

Le 8 juin 1903, mort de Vittorio PINI au bagne de Cayenne.
Anarchiste individualiste et illégaliste italien, théoricien de la reprise individuelle.
Il est né vers 1860 à Reggio Emilia (Italie). Fils d'un volontaire garibaldien, il a une enfance misérable et est apprenti typographe à 12 ans. Il travaille ensuite pour un journal républicain et s'intéresse à l'action politique, mais après les élections de 1876, désillusionné, il rejoint les internationalistes. A Milan, il prend part à une grève générale de six mois des typographes qui aboutit à un échec et renforce sa conviction sur l'inefficacité de ce type de lutte. Il est un temps pompier puis commerçant avant d'émigrer en France en 1886. Il exerce divers "petits boulots" qui lui font durement sentir l'injustice sociale. La lecture de "Paroles de révoltés" de Kropotkine le convertit définitivement à l'anarchisme. Avec des compagnons italiens, il va créer un groupe anarchiste individualiste qui prendra les noms de : "Les Intransigeants de Londres et Paris", " Les va-nu-pieds de Paris", "Les Rebelles de St-Denis", ou encore "Le Groupe des introuvables". Il théorise alors "l'expropriation" comme moyen de lutte et commet divers cambriolages audacieux, comme celui d'emporter en plein jour sur ses épaules un coffre-fort qui n'avait pu ouvrir sur place. La majeure partie de l'argent récolté servira à financer des journaux comme "Il Ciclone" (1887) ou "Il Pugnale" Le Poignard (1889), qui donne des instructions pour confectionner des engins explosifs. Il crée également une imprimerie, et aidera même financièrement le fils d'un anarchiste emprisonné à poursuivre ses études, lui-même se contentant de vivre frugalement. En 1888, l'ambassade italienne lui reprochera diverses actions comme : d'avoir agressé à coup de couteau un agent du gouvernement italien, à Paris, des tentatives de cambriolages, la fabrication de bombes ainsi que d'avoir eu le projet d'assassiner d'un général italien. Pini aurait été à l'origine de la création de "La Cloche de bois" groupe d'activistes qui se chargeait de déménager discrètement les compagnons en difficulté qui ne peuvent plus payer leurs termes aux propriétaires.
En octobre 1888, il publie "Le Manifeste des anarchistes de langue italienne au peuple d'Italie" dans lequel Amilcare Cipriani est accusé d'avoir trahi l'idéal de la Révolution sociale. Accusé à son tour par deux socialistes italiens d'être à la solde de la Police, il monte avec Luigi Parmeggiani une expédition punitive en Italie et, le 13 février 1889, ils portent des coups de couteaux à un des deux socialistes à Mirandola. Intercepté trois jours plus tard par la police, ils parviennent toutefois, après avoir tiré sur les agents, à prendre la fuite et à rentrer en France. Mais recherché, il est dénoncé et arrété le 18 juin 1889. Seront également arrêtés comme complices Placide Schuppe et son frère ainsi que leurs compagnes dont Maria Soenen. Lors du procès le 4 novembre 1889, il tente de disculper ses présumés complices et revendique haut et fort ses vols comme actions politiques. "Soyez-en certains, je ne rougis pas de vos accusations et j'éprouve un doux plaisir à être appelé voleur par vous."
Il est condamné à 20 ans de travaux forcés. Envoyé au bagne de Cayenne sur l'Ile Royale, il se lie avec Clément Duval et Girier-Lorion. Il s'évadera en 1898, et réussira à rejoindre Paramaribo, au Surinam, trouvant refuge dans une plantation de café. Mais lors d'une chasse à l'homme, il sera repris après avoir été atteint d'une balle dans la jambe droite.

 

 

Le 8 juin 1930, mort d'Antoine ANTIGNAC.
Militant et propagandiste anarchiste.
Né le 15 avril 1864 en Corrèze dans une famille pauvre, il exerce de nombreux petits métiers, puis milite dans les "Bourses du Travail" (créées par l'anarchiste Fernand Pelloutier). Il devient un bon orateur et donne de nombreuses conférences, notamment dans la région bordelaise, où il s'était fixé. Membre de l'U.A.C.R (Union Anarchiste Communiste Révolutionnaire), il devient, en 1925, le gérant de la librairie, mais deux ans plus tard il quitte l'organisation (qui ressemblait trop à un parti) pour participer avec Sébastien Faure à "l'Association des Fédérations Anarchistes". Il collaborera également à la presse anarchiste de "La Révolte" au "Libertaire", puis à "La Voix libertaire", etc.

José Pellicer

José Pellicer

Le 8 juin 1942, mort de José PELLICER GANDIA (exécuté par les franquistes).
Militant anarchiste et anarcho-syndicaliste, combattant de "La colonne de Fer".
Il est naît le 28 avril 1912 à Valencia (Espagne). Dactylographe, il adhère en 1932 à la C.N.T. Partisan de l'action directe, il pratique des "expropriations" pour financer le mouvement. Arrêté et emprisonné à Valencia, il parvient à s'évader (après avoir creusé un tunnel). Dès l'annonce du putsch militaire, le 19 juillet 1936, il prend part à la formation de la fameuse "Colonne de Fer", qui part se battre sur le front de Teruel. Fin octobre 1936, il est blessé à Valencia, dans des combats opposants anarchistes et communistes (après l'assassinat d'un milicien de la C.N.T par ces derniers). En mars 1937, la colonne est militarisée (83° brigade mixte), Pellicer est nommé commandant, puis de nouveau blessé. Il est emprisonné quelques mois à Barcelone par les communistes. Libéré le 31 août 1937, il est nommé chef d'un bataillon. Après la défaite des républicains il est arrêté et détenu avec Juan Peiro. Le 26 mai 1942, il est condamné à mort par le tribunal militaire de Valencia.

 

 

fil chouette

 

jounal volonta

En-tête du premier numéro

Le 8 juin 1913, à Ancôna (Italie), Errico Malatesta fait paraître le premier numéro de "Volontà" périodique de propagande anarchiste. Le journal paraîtra jusqu'à la "Semaine rouge" (Settimana rossa) de juin 1914.

 

hotel de ville d'Alfonsine incendié

Hôtel de ville d'Alfonsine (province de Ravenne, en Emilie-Romagne) incendié.

Le 8 juin 1914, au lendemain de la tuerie policière d'Ancône (deuxième jours de la "Settimana Rossa") la grève générale est proclamée en Romagne, Marche et Emilie, régions où les anarchistes sont particulièrement nombreux. Dans ces regions le mouvement prend subitement un aspect insurrectionnel et plusieurs centres tombent aux mains des insurgés. (voir aux 10, 11, et 14 juin )

arbre de la liberté à Conselice

Arbre de la Liberté à Conselice (Emilie-Romagne)
"Vive la Révolution Sociale"