Ephéméride Anarchiste
24 mai

Zo d'Axa
Le 24 mai 1864, naissance de
ZO D'AXA (de son vrai nom Alphonse GALLAUD) à Paris.
Pamphlétaire et propagandiste de l'anarchisme individualiste,
fondateur de journaux, et écrivain.
Pour échapper au joug d'une famille bourgeoise, il s'engage
à 18 ans dans l'armée mais, se rendant compte de son
erreur, il déserte... en compagnie de la jeune femme de son
capitaine! Il se réfugie à Bruxelles, où il
débute dans le journalisme. Après un séjour en
Suisse, puis en Italie, il rentre en France à l'amnistie de
1889.
En mai 1891, il publie le premier numéro de l'hebdomadaire
"L'Endehors"(titre qui à lui
seul définit sa pensée philosophique). De nombreux
anarchistes y collaborent, mais le journal est bientôt
condamné par la justice. Après l'arrestation de
Ravachol et de ses compagnons, Zo
d'Axa lance une souscription pour aider les familles des
détenus. Pour ce motif, il est arrêté et subit un
mois de prison à Mazas. Libéré, il est de
nouveau inquiété et préfère s'exiler
à Londres. Il voyage ensuite en Europe. Expulsé
d'Italie, il rejoint la Grèce, puis Constantinople. Le 1er
janvier 1893, il est arrêté en débarquant
à Jaffa, et mis au fer sur un navire français qui le
ramène à Paris, où il purgera 18 mois de prison.
A sa sortie, il publie le livre "De Mazas à Jérusalem",
qui obtient un vif succès.
En 1898, c'est l'affaire Dreyfus. Zo d'Axa publie "
la feuille" pamphlet
illustré par Steinlen, Luce,
Willette, Hermann Paul, etc. Il y pourfend les institutions mais
aussi les foules moutonnières. "L'honnête ouvrier n'a que ce qu'il
mérite".
Son grand succès sera la présentation de l'âne
nommé "Nul" aux élections et qui, recueillant les
bulletins blancs ou nuls, sera déclaré élu par
"La Feuille", après une bagarre mémorable dans les rues
de Paris, entre "partisans de l'âne et partisans de l'ordre" ;
dernier baroud d'honneur pour Zo d'Axa. Il quitte ensuite la France,
et voyage dans le monde entier, de la Chine aux Amériques, en
passant par l'Afrique, avant de venir se fixer à Marseille. Il
choisira une mort volontaire, le 30 août 1930.
Lire sa biographie réalisée par Alexandre Najjar: "Le
mousquetaire Zo d'Axa 1864-1930", mais aussi le cahier de
"Pensée et Action" n°35-36 (Bruxelles,1968) ainsi que
l'ouvrage de "Plein Chant" n° 81-82 (printemps 2006),
témoignages rassemblés par sa petite-fille
Béatrice Arnac d'Axa.

John Gustaf Agelii (dit Ivan Agueli) à 20 ans
Le 24 mai 1869, naissance de John Gustaf AGELII dit Ivan AGUELI à Sala, Suède.
Artiste peintre anarchisant, activiste de la protection des animaux, il se convertira ensuite au soufisme.
Fils d'un vétérinaire, il effectue des études à Gotland puis Stockholm et se passionne pour la peinture et le mysticisme. En 1890, il arrive à Paris où il est un temps l'élève du peintre symboliste Emile Bernard. Il rencontre ensuite Pierre Kropotkine à Londres avant de rentrer en Suède. De retour à Paris en 1892, il fréquente le milieu anarchiste et se lie avec Charles Châtel (le fondateur de "La Revue Anarchiste") chez qui il est hébergé. Victime des "lois scélérates", il est arrêté en 1894. Il passera 4 mois en détention avant d'être jugé lors du "Procès des trente". Acquitté, il quitte ensuite la France pour l'Egypte où il va se convertir à l'islam et prendre le nom d'Abd al-Hadi. En 1899, il est à Colombo (Sri Lanka) mais en raison de difficultés financières il revient à Paris en 1900. Amie de Marie Huot et activiste de la Ligue contre la vivisection et de la protection des animaux, il commet le 4 juin 1900 à Deuil-la-Barre (Ile de France) un attentat anti-tauromachique en blessant à l'aide d'un pistolet un matador espagnol avant une corrida. Lors du procès qui mobilisera les défenseurs des animaux, il ne sera condamné qu'à une peine avec sursis. A noter qu'il est également un défenseur du droit des femmes et qu'il polémiquera à ce propos avec son concitoyen l'écrivain August Strindberg.
Esthète et polyglotte, Agueli sera aussi chroniqueur d'art, il apportera en 1912 son soutien à l'art contemporain et en particulier au cubisme de Pablo Picasso.
En 1902, il s'installe au Caire où il étudie l'arabe et la philosophie islamique et en particulier le soufisme. Il collaborera alors au journal anti-colonialiste en langue italienne "Il Convito" (1904-1913). Mais lorsqu'éclatera la première guerre mondiale, les autorités coloniales anglaises l'accuseront d'espionnage et finiront par l'expulser d'Egypte en 1916. N'ayant pas les moyens de rentrer en Suède, il parviendra à gagner l'Espagne, mais le 1er octobre 1917 il meurt écrasé par un train à L'Hospitalet de Llobregat (Catalogne), du fait d'une surdité.
Ses toiles marquées par le symbolisme et le néo-impressionnisme sont aujourd'hui exposées dans les principaux musées suédois. En 1969, lors du centenaire de sa naissance, six de ses tableaux seront reproduits en timbres par la Poste suédoise.


Photographie des ruines de l'Hôtel de Ville
Le 24 mai 1871, fin de la
Commune de Paris (Semaine
Sanglante). Les membres du conseil de la Commune
évacuent l'Hôtel de Ville.
Pindy donne l'ordre d'incendier le
bâtiment; Ferré fera de même pour le Palais de
justice et la préfecture de police. Dans la soirée, le
quartier du Panthéon tombe aux mains des Versaillais.

Le Mur des Fédérés "Il faut des Régiments pour garder ces morts là!"
Carte postale d'après une composition de Steinlen
Le 24 mai 1885, à
Paris, au cimetière du Père-Lachaise, la manifestation
anniversaire en souvenir de la
Commune donne lieu à des
affrontements avec la police, qui charge à la baïonnette
dans le cimetière même, alors qu'à l'exterieur la
cavalerie disperse les manifestants. Bilan de la journée : 40
blessés et 60 arrestations.

Couverture du numéro 8 de janvier-février 1888
En mai 1887, sortie à Paris du premier numéro de "L'Autonomie Individuelle" Revue mensuelle des idées An-archiques. A. Carteron et Georges Deherme en sont les principaux rédacteurs. Neuf numéros paraîtront jusqu'en mars 1888.
A noter dans le numéro huit, la Chronique du mois signée du pseundonyme Némo ( Max Nettlau?) qui revient sur l'attentat dont a été victime Louise Michel au Havre.
Intérieur de la Bourse en feu
Le 24 mai 1968, à la frontière franco-allemande de
Forbach (Moselle), l'étudiant anarchiste Daniel Cohn-Bendit se voit notifié sont interdiction de séjour en France.
D'importantes manifestations à l'appel des syndicats ont lieu dans toute la France alors que le pouvoir envisage de recourir à l'armée et que le Général de Gaulle annonce un référendum sur la rénovation universitaire, sociale et économique.
A la gare de Lyon à Paris, la manifestation rassemblant 30 000 personnes, étudiants et travailleurs, se voit interdire l'accès à la place de la Bastille par les forces de l'ordre. Le cortège se scinde alors et un groupe se dirige vers la Bourse, qu'il commence à incendier.
Dans
le quartier latin des combats de rues avec les forces de l'ordre ont lieu et une nouvelle nuit des barricades commence. Plusieurs commissariats ou postes de police sont attaqués et un car de police incendié. A 3 heures du matin les autorités envoient des bulldozers pour dégager les barricades et en particulier les arbres abattus et les voitures renversées qui empêchent la progression des CRS. Un manifestant trouvera la mort rue des Ecoles, après avoir été atteint au coeur par un éclat de grenade.
Des affrontements auront lieu également dans plusieurs villes de
province, Bordeaux, Strasbourg, Nantes, Toulouse et Lyon où un commissaire de police est tué par un camion lancé par les manifestants et où l'on compte 46 hospitalisations (19 étudiants et 27 policiers).
Mais déjà les syndicats qui ont pris en marche le train de la contestation vont dès le lendemain, fort du rapport de force, tenter de négocier avec le patronat.