drapeau noir octobre 2010

Drapeau noir, Paris octobre 2010.

Ephéméride Anarchiste

26 octobre

 

 

Le 26 octobre 1861, naissance de Paul Auguste BERNARD à Crest (dép. de la Drôme).
Militant et propagandiste anarchiste.
Orphelin à l'âge de 2 ans, il est le demi-frère d'Auguste Jeannet. Après une enfance difficile, il devient ouvrier boulanger à Lyon, où il crée un syndicat. Il exerce la profession de galochier, puis de tallandier. Devenu anarchiste et compagnon d'Octave Jahn, il était vers 1888-89 un des principaux orateurs des meeting anarchistes sur Lyon, et faisait preuve d'une grande détermination révolutionnaire. Lors du premier mai 1890 à Lyon, bien qu'opposé à la revendication des 8 heures qu'il jugeait trop réformiste, il milite pour la grève et fait venir les orateurs Joseph Tortelier et Henry Riemer. Le 16 juin 1890, il prend part avec Henri Boriasse à un meeting de protestation contre les arrestations du 1er mai, puis le 11 octobre 1890 à Roanne avec Octave Jahn, il prononce un discours qui lui vaudra d'être condamné à cinq jours de prison et à une amende pour infraction à la loi sur les réunions publiques. Il collabore au journal "La Révolte", où il signe ses articles du "Groupe Initiative individuelle de Genève". Début novembre 1890 avec Octave Jahn et Ernest Nahon, il tente d'organiser un congrès régional, mais lors du meeting préparatoire du 31 octobre, des propos violents et des appels à la propagande par le fait sont exprimés publiquement. Le 1er novembre, la première session du congrès peut se dérouler en présence de 150 délégués, mais le lendemain la police vient l'interrompre et arrêter quelques délégués. Paul Bernard et Octave Jahn parviennent à s'enfuir et à rejoindre la Suisse. Jugés par contumace le 22 novembre, ils sont condamnés pour provocation au meurtre, pillage et incendie et incitation de militaires à la désobéissance, à deux ans de prison et 100 francs d'amende. Peine aggravée le 8 décembre, d'une nouvelle année de prison pour les propos tenus à Roanne.
Le 15 décembre 1890, Bernard est expulsé de Suisse avec divers anarchistes dont Lucien Weil, et l'italien Luigi Galleani, pour avoir diffusé un manifeste anarchiste rédigé en trois langues. Désirant se fixer à Milan, il fait venir sa femme et son enfant mais est arrêté à Côme. Il part alors pour Barcelone où il travaillera comme maçon. Durant l'hiver 1891, il assure la partie française du journal trilingue "El Porvenir Anarquista" dirigé par l'italien Paolo Schicchi. En février 1892, il est arrêté avec lui et une cinquantaine d'anarchistes, après l'attentat de la Plaza Real à Barcelone le 9 février, la police essayant alors de prouver leurs liens avec les révoltés de Xéres. Lors de la perquisition de son domicile, deux bombes auraient été retrouvées ainsi que des publications anarchistes. Paul Bernard restera emprisonné dix-huit mois sans même être interrogé. En revanche, sa compagne, atteinte de phtisie et enceinte, sera violentée lors de la perquisition, elle décèdera le 5 avril à l'hôpital. Contre sa volonté, les curés lui donneront les sacrements et l'enterreront dans une fosse commune. Bernard ne saura jamais où elle a été enterrée. Libéré en août 1893, il préfèrera rentrer dans la clandestinité après l'attentat de Pallás, le 24 septembre 1893, puis retourner en France. Mais le 14 février 1894, il est arrêté cinq jours après son arrivée à Paris, armé d'une cane épée, une correspondance avec Auguste Vaillant est également retrouvé en sa possession.
Le 12 mars 1894, au palais de justice de Montbrison, sa peine de décembre 1890 est réduite en appel à dix mois de prison et 100 francs d'amende. Il effectue cinq mois à la prison de Fontevrault, avant de bénéficier d'une amnistie. Englobé dans le cadre du "Procès des trente" il comparait devant la Cour d'assises de la Seine du 6 au 12 août 1894, mais est acquitté comme la majorité des prévenus. Libéré il s'installe dans la Nièvre au moulin de Vesves à Tannay, où avec un associé il crée une fabrique d'outils de sabotiers qui emploiera plusieurs ouvriers dont l'anarchiste Jean-Baptiste Thuriot qui occupera la fonction de responsable de fabrication. Le moulin de Tannay devient alors le principal foyer d'anarchisme du département. Mais les pressions et ragots ammènent l'entreprise d'abord florissante à sa fin. En juillet 1896, Bernard part s'installer à Cravant dans l'Yonne où il crée une nouvelle fabrique avec une partie de l'ancien personnel, mais il fera faillite en 1899. Il retourne alors dans la Nièvre avec sa nouvelle compagne et ses 4 enfants, et se fera embaucher comme ouvrier tourneur à l’usine de Commentry-Fourchambault. Mais lorsque celle-ci ferme ses portes en juillet 1901, il organise des meeting de protestations et attaque l'entreprise dans "La Voix du Peuple" de la CGT. En octobre 1901, il s'installe à Tours où il trouve un emploi dans une compagnie d'assurances, mais toujours signalé comme anarchiste il perdra sa place. Il revient ensuite à Fouchambault où, dans la misère, il se fait en 1902 l'agent électoral du radical Massé qui lui procure un emploi. Il quitte la Nièvre en 1903. En décembre 1912, il écrivait, dans "La Guerre Sociale", avoir adhéré au Parti Socialiste.

 

Biófilo Panclasta

Biófilo Panclasta en 1940

Le 26 octobre 1879, naissance de Vicente ROJAS LIZCANO, dit BIÓFILO PANCLASTA, à Chinácota (dép. de Santander, Colombie).
Écrivain et militant anarchiste individualiste colombien.
Fils de Bernardo Rojas et de Simona Lizcano, ouvrière. Il fait des études secondaires, puis fréquente l'école normale de Bucaramanga en 1897-98, il en est ensuite exclu pour s'être prononcé contre la réélection du président Miguel Antonio Caro. D'abord attiré par le libéralisme, il s'exile au Venezuela où il prend part à la création d'une école publique à Capacho Nuevo (État de Táchira). En 1898, il s'enrôle dans les troupes du chef militaire venezuelien Cipriano Castro, dans le but de renverser le président Ignacio Andrade. Une fois Cipriano Castro installé sur le fauteuil présidentiel, il continue de parcourir le pays avec d'autres révolutionnaires.
En novembre 1904, doté du grade de colonel de l’armée de Cipriano Castro, il se porte vers la ville colombienne de Barranquilla et offre aux forces colombiennes ses services de militaire dans leur lutte contre les séparatistes panaméens, soutenus par les USA. En 1906, il se rend à Buenos Aires, en Argentine, où il entre en contact avec les anarchistes, assistant à des réunions et écrivant dans des revues. Il part ensuite pour l’Europe dans le but de participer au Congrès international anarchiste à Amsterdam, en tant que délégué de la FORA.
A Barcelone, il prend le pseudonyme de Biófilo (qui aime la vie, en grec) et Panclasta (celui qui détruit tout), et se proclame ouvertement anarchiste. En 1908, il est expulsé d'Espagne, sur demande du président colombien Rafael Reyes, mais en cours de route, il choisit de se réfugier au Panama, d'où il est finalement extradé vers la Colombie. Il est alors emprisonné dans diverses prisons du pays. En 1914, il retourne au Venezuela, dans la ville de Valencia, où il est à nouveau emprisonné par le nouveau président Juan Vicent Gómez (lequel a succédé à Cipriano Castro, après un coup d'État).
Il passe alors sept années en prison, victime la plupart du temps de mauvais traitements, mais finit par être libéré en 1921.
En 1923, il assiste comme délégué de "l'Association anarchiste mexicaine" à un congrès à Barcelone. Il y propose (sans succès) un projet dénommé "Opération Europe" consistant à créer un comité international destiné à planifier et assassiner en un seul jour plusieurs dirigeants et monarques, dont le tsar de Bulgarie, le roi d’Angleterre, le roi d’Italie, le roi d’Égypte, l’archevêque de Mexico, le président français, le cardinal-archevêque de Tolède et l'extrémiste de droite français Léon Daudet.
L'année suivante, il est à São Paulo, dans le but d'organiser une grève dans les plantations de café, mais il est arrêté et envoyé par le gouverneur Artur Bernardes, dans le camp de concentration d'Oiapoque, d'où il s'enfuit et arrive en Guyane française. "La Ligue des droits de l'homme" le fait alors passer en Martinique. Il retourne ensuite en Colombie, où il sera encore un temps emprisonné dans la ville de San Gil. Il fonde ensuite à Bogotá le Centre d'Union et Action révolutionnaire.
En 1934 il se met en ménage avec Julia Ruiz, une ancienne nonne convertie en prêtressse anticléricale, il se consacra avec elle à la voyance et à la chiromancie. Il se cantonne à écrire des articles et à accorder des interviews. Un an après le décès de sa compagne, en janvier 1939, il tente sans succès de se suicider, il sombre ensuite dans l'alcoolisme et meurt le 1er mars 1942, à l'asile de vieux de Pamplona (Colombie).
Il est l'auteur de plusieurs ouvrages en particuliers sur ses souvenirs de prisons : "Mis prisiones, mis destierros y mi vida."(1929); "Siete años enterrado vivo en una de las mazmorras de Gomezuela: Horripilante relato de un resucitado" (1932); ainsi que divers articles et plusieurs poèmes.
"Moi, je suis un esprit libéré, égotiste. J’œuvre comme je le ressens, je n’ai pas d’autre cause que la mienne."

 

 

José Ester Borras

José Ester Borras

Le 26 octobre 1913, naissance de José ESTER BORRÁS, à Berga (Province de Barcelone) Catalogne.
Militant anarcho-syndicaliste de la C.N.T, et résistant antifasciste.
Il prend part, en 1936, à la révolution libertaire espagnole. En 1939, lorsque celle-ci est écrasée, il passe la frontière française avec des milliers d'autres républicains.
Dès juillet 1940, il participe à la création d'un réseau de résistance composé de militants libertaires espagnols, dirigé par l'anarchiste Francisco PONZAN VIDAL (qui sera fusillé le 17 août 1944, par la gestapo, à Buzet-sur-Tarn). José Ester est chargé de faire passer clandestinement la frontière espagnole à de nombreux résistants ou candidats à l'évasion. En avril 1941, il est arrêté par la police de Vichy qui l'envoie au camp du Vernet dans l'Ariège, d'où il s'évadera à deux reprises, fin 1941 et 1942. Le groupe est demantelé à Toulouse, le 31 octobre 1943. Torturé par la gestapo, il est déporté en mars 1944 à Mauthausen (Allemagne), où il participe (en tant que représentant de la C.N.T), au "Comité International de la Résistance". Après la libération, il prend part à la création de la "Fédération espagnole des déportés et internés politiques". A partir de 1953, il travaillera à l'O.F.P.R.A (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Il est mort à Alès, le 13 avril 1980.

 

 

 

Le 26 octobre 1886, naissance de Justin OLIVE, à Fabrezan (Aude).
Militant anarchiste et syndicaliste révolutionnaire.
Secrétaire de l'Union des syndicats unitaires de l'Aude, il est, en mars 1922, à l'intiative d'une grève d'ouvriers agricoles. L'année suivante, il militera à la Fédération de l'Agriculture de la C.G.T.U. A partir de 1928, et jusqu'à 1937, il milite à la C.G.T- S.R (Syndicaliste Révolutionnaire), créée par Pierre Besnard.
Outre sa collaboration à la presse libertaire, il fera partie de l'association des "Amis de Han Ryner", puis de ceux de Sébastien Faure et rejoindra après-guerre le groupe "Louise Michel" de la "Fédération Anarchiste". Il est mort à Paris, le 14 janvier 1962.

 

 

Le 26 octobre 1861, naissance de Paul-Auguste BERNARD

 

Le 26 octobre 1996, mort d'Aurelio CHESSA

 

 fil yeux

 

 

Du 26 au 29 octobre 1876, se tient à Berne (Suisse), le huitième Congrès général de l'Internationale (antiautoritaire).

 

fil chouette

 

revue anti-patriote révolutionnaire

Couverture du premier numéro (doc Cira de Lausanne)

En octobre 1884, sortie à Paris du premier numéro de "La Revue Anti-patriote révolutionnaire" publication mensuelle de Georges Deherme qui ne sortira que deux numéros. Cette revue est-elle a l'origine de la création de la "Ligue des Anti-patriotes" en 1886 ?
"... Nous ne cesserons donc de faire partout et toujours une guerre acharnée aux préjugés et à ceux qui les maintiennent. Car nous croyons que ce sont eux qui mettent le plus d'entraves au but que nous poursuivons par la Révolution Sociale qui renversera cette société pourrie qui n'est basée que sur l'assassinat légal et l'exploitation, pour la remplacer par une société égalitaire basée sur la paix et le travail où chacun produisant selon ses forces et ses capacités pourra consommer selon ses besoins et pour nous résumer par la Société Communiste Anarchiste. Vive la Révolution sociale ! "