couverture de l'assiette au beurre 1er mai les 8 heures

Couverture de "L'Assiette au Beurre" du 28 avril 1906
Dessin de Grandjouan.

Ephéméride Anarchiste

1er mai

 

Quelle soit interdite où fériée, cette journée de luttes internationale puise son origine dans l'histoire du mouvement anarchiste, ce qui, au-delà des simples revendications, lui confère cette quête d'émancipation et de liberté du prolétariat.

 

eugène dieudonné

Eugène Dieudonné

Le 1er mai 1884, naissance d'Eugène DIEUDONNE, à Nancy.
Anarchiste individualiste, membre de la "bande à Bonnot".
Il est placé dans un orphelinat (sa mère étant veuve avec trois jeunes enfants à charge) et deviendra ouvrier menuisier à 17 ans. Il fait son service militaire et se lie avec les frères BILL qui sont menuisiers et anarchistes comme lui. En 1909 il est à Paris avec sa compagne Louise Dieudonné (née Kayser, le 2 mars 1890 à Nancy) et fréquente les individualistes qui vivent en communauté à Romainville, autour du journal "l'anarchie" et pratiquent l'amour-libre ( Louise vivra alors une idylle avec Lorulot).
C'est là qu'Eugène se liera avec les membres de la bande, il a déjà rencontré Bonnot lorsque celui-ci était à Neuves-Maisons (près de Nancy). Eugène vit alors entre Paris et Nancy où il continue à travailler. Recherché après l'attaque de la rue Ordener, il est arrêté le 28 février 1912 rue Nollet à Paris dans un appartement qu'il louait sous un faux-nom avec Louise revenue vivre près de lui. De Boë qui se trouvait là, est également arrêté. Dieudonné est alors reconnu par le garçon de recette Caby comme étant son agresseur lors du braquage du 21 décembre 1911, rue Ordener à Paris (mais Caby avait auparavant pareillement reconnu Garnier). Dieudonné produit un alibi pour le jour du braquage (il était à Nancy) qui ne sera pas retenu, pas plus que les protestations de Garnier, de Callemin et les notes de Bonnot écrites avant sa mort, qui tous tentent de le disculper. Il est condamné à mort par les assises de la Seine le 27 février 1913.
Le doute sur sa culpabilité finit par remonter au sommet de l'Etat et sa peine est finalement commuée en travaux forcés à perpétuité.
Envoyé au bagne des Îles du Salut en Guyane, il essaiera à trois reprises de s'évader; dont 2 fois en 1919. Lors de la deuxième tentative il part avec cinq compagnons sur un radeau de fortune; après deux jours passés en mer il s'échoue et est rattrapé, et écope de deux ans de mitard. Le célèbre journaliste Albert Londres le rencontrera une première fois sur l'Île du Salut où il est à l'isolement. Il lancera alors une campagne pour obtenir sa libération. La grâce étant rejetée, Dieudonné essaye de nouveau de s'évader, il y parvient enfin le 6 décembre 1926, et rejoint le Brésil après maintes difficultés. Arrêté et menacé d'extradition, il est finalement sauvé par Albert Londres qui réussira à obtenir sa grâce.
De retour à Paris, Dieudonné reprend son métier et devient fabricant de meubles dans le faubourg St-Antoine. Il participera encore, en 1928, au banquet de la revue libertaire "Plus Loin" du Dr. Pierrot.
Eugène Dieudonné est mort le 21 août 1944 à l'hôpital d'Eaubonne (Seine-et-Oise).
Il est l'auteur du livre "La vie des forçats" (1930).
Par ailleurs, Albert Londres lui consacrera un livre "L'homme qui s'évada".

Quant aux quatre frères BILL qui travaillaient avec DIEUDONNE à Nancy, nous citons seulement :
- Charles, né en 1892 à Nancy, menuisier anarchiste, il tuera le mouchard Blanchet et sera condamné à mort par contumace. En 1915, engagé avec un faux livret militaire, il est dénoncé par un soldat de son bataillon qui l'a reconnu. Emprisonné à la Centrale de Poissy, il y meurt le 18 mars 1918.
- Emile, né en 1882, également menuisier anarchiste, collaborera à "l'anarchie"
sous le pseudonyme d'Henri Bill. Il aurait eu le projet de commettre un attentat lors de la visite du roi d'Espagne en France en 1905 (deux brownings seront retrouvés chez lui lors d'une perquisition).

 

 

Le 1er mai 1838, naissance de Louis CHAMPALLE.
Militant anarchiste lyonnais de la Fédération révolutionnaire.
Ouvrier tisseur, arrêté le 19 novembre 1882, suite aux attentats lyonnais et à l'agitation de Montceau-les-Mines, il fut impliqué dans le "Procès des 66" en janvier 1883 et condamné à 6 mois de prison. En 1892, il était membre du groupe anarchiste lyonnais "Le réveil de la Croix-Rousse".

 

 

Le 1er mai 1932, naissance de Paul CHENARD



 fil lierre

 

Le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste "The Alarm" afin d'organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.
Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les "briseurs de grève". La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers.
Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C'est à ce moment-là qu'une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l'hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l'explosion. Mais qu'importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887 (Louis Lingg s'étant suicidé la veille, dans sa cellule).
Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l'Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.
Le "1er mai" sera d'abord récupéré par les bolchéviques, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui le transformera en "Fête du travail", sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

 

 fil zig

 

Le 1er mai 1890, à Vienne (département de l'Isère), la population ouvrière répondant à l'appel des anarchistes Louise Michel, EugèneThennevin, et Pierre Martin descend dans les rues pour inciter ceux qui travaillent à se mettre en grève. Le cortège arborant drapeaux rouges et drapeaux noirs et chantant "la Carmagnole" ne tarde pas à se heurter aux "forces de l'ordre". Des barricades sont érigées, l'usine d'un patron du textile est pillée, mais les meneurs sont arrêtés. Des grèves spontanées se poursuivront durant une semaine. Trois militants anarchistes seront lourdement condamnés à Grenoble devant la Cour d'assises de l'Isère en août 1890, pour ces évènements.

De nombreux 1er mai seront marqués par des événements tragiques, comme à Fourmie (France) en 1891, où l'armée tira sur la foule, faisant 10 morts parmi les manifestants.

 

fil zig

 

 échauffourée de Clichy le 1er mai

Illustration de l'échauffourée de Clichy le 1er mai 1891

Le 1er mai 1891, à Clichy, près de Paris, se produisit un évènement, moins important que le massacre de Fourmie, mais qui aura néanmoins des répercutions inattendues. Quelques dizaines de militants réunis place de la République à Levallois-Perret improvisèrent, drapeau rouge en tête, une manifestation en direction de Clichy (commune voisine). Alors que les manifestants s'étaient arrêtés chez un marchand, des agents de police tentèrent de s'emparer de l'emblème séditieux. Une bagarre puis une fusillade s'ensuivit. Les manifestants parvinrent à s'enfuir à l'exception des anarchistes Henri Decamps, Charles Dardare et Louis Leveillé qui restèrent aux mains de la police, laquelle s'acharnera sur eux. Tabassés et blessés par balle, la police leur refusera les soins nécessaires. Ils seront pourtant lourdement condamnés le 28 août 1891. Cette injustice envers des compagnons trouvera un écho en la personne de Ravachol qui n'aura de cesse de les venger.

 

 fil zig

 

Le 1er mai 1891, à Rome, alors que la situation de la classe ouvrière s'est encore dégradée, les internationalistes anarchistes Amilcare Cipriani et Galileo Palla prenant la parole lors d'une manifestation, exortent les ouvriers à l'action. Rapidement, des pierres sont jetées sur la police qui réagit en chargeant sabre au clair. Ces sanglants affrontements se soldent par la mort du charretier Antonio Picistrelli, ainsi que celle d'un policier, et fait également des centaines de blessés. Plus de deux cents personnes seront arrêtées les jours suivants, dont Cipriani et Palla.

 

fil chouette

 

journal "Le Pot à Colle"

En-tête du numéro 5 du 1er septembre 1891 (doc. Mundaneum, Mons, Belgique)

Le 1er mai 1891, sortie à Bagnolet (puis Montreuil) banlieue-est de Paris, du premier numéro du journal "Le Pot à Colle" Organe corporatif, d'abord mensuel puis paraissant tous les quinze jours. A partir du numéro 6, il est sous-titré : Organe corporatif publié par les soins de l'Union Syndicale de l'Ebénisterie et du Meuble sculpté.
Il est fondé par le compagnon Lucien Guerineau et une vingtaine de camarades ouvriers ébénistes et menuisiers travaillant dans l'Ameublement, faubourg St-Antoine à Paris. La première série de ce journal s'arrêtera le 26 mars 1892, après 19 numéros parus.
Après une interruption de près de six ans le titre réapparaît à Paris pour une seconde série qui commence le 20 juillet 1898 et s'arrête le 11 février 1899, après 10 numéros parus, le gérant est alors Henri Cler (qui sera assassiné par la police lors d'une grève) voir également ses funérailles.
Une troisème série commencera le 1er mai 1901 et s'achèvera en décembre de la même année après 6 numéros parus, le gérant est alors Louis Protat et le journal porte alors l'épigraphe "Ni Dieu, ni Maître / Education et Révolution".

 

fil chouette

 

journal "L'Insurgé" de 1896

En-tête du numéro deux du 15 mai 1896 (doc. Mundaneum, Mons, Belgique)

Le 1er mai 1896, sortie à Bruxelles (Belgique) du premier numéro du journal "L'Insurgé" Organe anarchiste paraissant tous les quinze jours, dont le gérant est Emile Chapelier. Trois numéro connus pour ce journal qui dans son deuxième numéro s'insurge contre la clique socialiste qui refuse cette publication.
A noter qu'un journal portant ce titre était déjà paru en Belgique en 1885 et qu'un autre paraîtra encore en 1903.

 


fil yeux

 

 tampon pour les 8 heures

Tampon revendicatif pour les 8 heures
"A Partir du 1er mai 1906 nous ne travaillerons que 8 heures par jour"

fil

 

Arrestation de Law

Photo de l'arrestation mouvementée de Jacob Law

Le 1er mai 1907, à Paris, place de la République, durant la manifestation, l'anarchiste individualiste russe Jacob LAW, tire 5 coups de revolver du haut de l'impériale d'un omnibus sur les cuirassiers à cheval chargés de réprimer les ouvriers. Protégés par leurs cuirasses, un seul d'entre eux sera légèrement blessé. Arrêté par les voyageurs de l'omnibus, Jacob est fortement malmené, il échappe en fait de peu à un lynchage.
Le 9 octobre 1907, il sera condamné à 15 ans de bagne en Guyane, d'où il sera libéré le 10 mai 1924, mais il restera encore un an en relégation avant d'être grâcié.

 

 

fil chouette

 

journal l'exploitee

En-tête du numéro 3 du 7 juillet 1907 (doc Cira de Lausanne)

Le 1er mai 1907, sortie à Berne (Suisse), du premier numéro du journal "L'Exploitée". Organe des femmes travaillant dans les usines, les ateliers et les ménages. Publié par Margarethe Faas-Hardegger, ce journal aura une influence considérable sur la syndicalisation des ouvrières, en particuliers sur les "faiseuses d'aiguilles" et deviendra leur organe de presse officiel dès octobre 1907. Dépassant le cadre de la lutte des classes, cette publication impulsera également les revendications féministes, néo-malthusiennes ou encore antimilitaristes. Sa publication mensuelle s'arrêtera en septembre-octobre 1908.

 

 

fil yeux

 

photo de la salle du meeting au théâtre Iris à Barcelone

Vue de la salle du meeting

Le 1er mai 1908, au théâtre Iris, dans le quartier de Clot, à Barcelone, se tient un meeting ouvrier organisé par "Solidaridad Obrera".

 

 

 fil zig

 

Le 1er mai 1909, à Buenos-Aires (Argentine), place Lorea, alors que la manifestation anarchiste appelée par la F.O.R.A réunit plus de 30 000 personnes; le chef de la police, le Colonel Ramón Falcón, connu pour ses sentiments anti-anarchistes fait charger brutalement les manifestants: 8 personnes trouvent la mort et 105 sont blessées.
Les socialistes se joindront aux anarchistes et déclareront une grève générale illimitée. A partir du lundi 3 mai, la grève s'étendra aux autres villes de province tandis qu'à Buenos-Aires elle mobilisera 220 000 travailleurs. Durant une semaine dite "Semaine Rouge" la ville sera occupée par l'armée qui arrêtera ou expulsera 2 000 militants et provoquera un nouveau massacre en tuant 4 personnes lors de l'enterrement des ouvriers morts le 1er mai.
La grève générale prendra fin le 9 mai après que le gouvernement ait promis au comité de grève de respecter certaines exigences des travailleurs.
Le Colonel Falcón quant à lui sera éliminé le 14 novembre 1909, par l'anarchiste Simón Radowitzky.

 

 

fil chouette

 

journal "Liberacion" 1912

En-tête du premier numéro

Le 1er mai 1912, sortie à Elche (où Elx) (Pays Valencien, Espagne) du premier numéro de "Liberación" Périodique anarchiste et de propagande syndicaliste. Ce journal est l'expression de trois groupes libertaires existant dans la ville d'Elche. D'abord mensuel, il passera bi-mensuel à partir du numéro 4 (21 juillet 1912). Les éditeurs se déclarent anarchistes en politique, socialistes en économie et athées en religion. Le dernier numéro (le 11) paraîtra le 30 novembre 1912.
A noter que d'autres journaux anarchistes ont porté ce titre.

 

 

fil chouette

 

journal Le Falot

En-tête du premier numéro

Le 1er mai 1914, sortie à Vouvry (Valais, Suisse), du premier numéro du mensuel "Le Falot", sous-titré : Critique populaire valaisan. Créé par Clovis Pignat et réalisé par un groupe d'amis syndicalistes, anarchistes et libres-penseurs, ce journal de quatre pages, dont une en italien "Il Fanale", bousculera durant sept ans le joug patronal, gouvernemental et clérical du Valais.

 

 

fil chouette

 

journal Le Réveil de l'Esclave

En-tête du numéro 28 (troisième année) du 1er décembre 1922

Le 1er mai 1920, sortie à Pierrefitte (près de Paris) du premier numéro du "Le Réveil de L'Esclave" sous-titré "Organe mensuel d'Education individualiste et libertaire". Le premier responsable de la direction est André Lorulot qui laissera sa place à partir du numéro 16 à Manuel Devaldes. Le journal qui comptera de nombreux collaborateurs sortira jusqu'en avril 1925 (42 numéros parus).
A noter que ce titre était déjà paru en 1902 1903 et 1904.

 

 

fil chouette

 

journal der freie arbeiter au brésil

En-tête du numéro du 1er mai 1922 (doc.CIRA de Lausanne)

Le 1er mai 1920, sortie à Porto Alegre (Brésil) du premier numéro du journal "Der Freie Arbeiter" ( Le Libre Travailleur). Journal révolutionnaire (anarchiste) brésilien, "Organe des travailleurs socialistes et des associations allemandes" dont le principal rédacteur sera Freidrich Kniestedt. Le journal paraissant initialement toutes les quinzaines, aura ensuite une parution irrégulière avant de devenir mensuel en 1927. Il aura à subir une interdiction de mars à juin 1925. Il sera publié jusqu'en 1930.

 

 

 fil zig

 

Le 1er mai 1920, à Turin (Italie), alors que la grève générale du mois précédant est encore bien présente dans les esprits, le meeting devant la Bourse du Travail rassemble plus de cent mille personnes. Parmi les orateurs: l'anarchiste Raffaele Schiavina. Mais le meeting terminé les manifestants sont chargés par la police qui tire sur la foule provoquant deux morts et une trentaine de blessés.

 

 

fil chouette


journal américain germinal

En-tête de ce numéro 5 de mai 1922 (doc. CIRA de Lausanne)

Le 1er mai 1922, à Johnston City (Illinois, USA) sortie du numéro 5 du journal "Germinal" Organe d'éducation ouvrière et d'émancipation pour les travailleurs français des Etats-Unis. Seul numéro connu de ce journal (mensuel?) en langue française dont les responsables sont A. Champion et Félix Clément.
Epigraphe: " l'Emancipation des Travailleurs n'est possible que par l'Education."

 

 

fil chouette

 

journal "La Houle" n°1

En-tête du premier numéro du 1er mai 1926 (doc. Cira Marseille)

Le 1er mai 1926, à Lyon, sortie du premier numéro du journal "La Houle" Organe mensuel d'Avant-Garde et d'Entr'aide Autodidactique, Éclectique, indépendant. Bulletin Officiel des Compagnons de la Pensée dont les présidents d'honneur et vice-présidents sont respectivement Han Ryner et J. H. Rosny. Paul Bergeron, directeur de l'Ordre Naturel, est le trésorier, L. S. Judius le secrétaire général et J. Salacroup secrétaire. A noter que les anarchistes Lucien Barbedette, Louis Rimbault et V. Spielmann figurent au conseil d'administration. Le dernier numéro connu (le 7ème, troisième année) sortira en juillet 1928.

 

 

fil chouette

journal "La Voix Libertaire" n1

En-tête du premier numéro du 1er mai 1928 (publié à Paris) Doc. CIRA Marseille

journal "La Voix libertaire" n11

En-tête du numéro 11 (deuxième série) du 11 mai 1929 (publié à Limoges) Doc. CIRA Marseille

Le 1er mai 1928, sortie à Paris, du premier numéro du Journal "La Voix libertaire" organe mensuel de l'Association Fédéralistes Anarchistes. Quelques mois plus tard l'administration et la rédaction du journal seront transférés à Limoges où le journal continuera à paraître jusqu'à juillet 1939. Il se veut une tribune ouverte à toutes les tendances de l'anarchisme et comptera de nombreux collaborateurs. Le titre sera repris à la Libération et publié à Toulon (Var) en 1947.

 

 

 

 fil bombe

 

Le 1er mai 1931, à Barcelone, dans un climat de tensions sociales exacerbées se déroule la manifestation de la CNT. Des délégués du mouvement anarchiste international sont présent: Augustin Souchy (pour l'Allemagne), Ida Mett et Voline (Russie), Camillo Berneri (Italie), Helmut Rüdiger (pour la Suède), Louis Lecoin et Pierre Odéon (France). Un immense cortège évalué à plus de 100 000 personnes est rassemblé pour exiger de la nouvelle République une réforme radicale de la société. A 13 heures, la manifestation est bloquée par la Garde Civile. Un officier s'avance revolver au poing, Francisco Ascaso le rejoint pour parlementer, mais alors que le garde civil exige la dissolution immédiate de la manifestation, Ascaso le désarme d'un coup de poing. L'officier désarmé recule alors avec sa troupe. Durruti brandissant un drapeau rouge et noir s'écrie "Passage à la FAI". La foule envahit alors la place de la Constitution, mais à peine des membres de la commission sont-ils entrés dans le palais pour y porter les résolutions du meeting qu'une fusillade partant de l'édifice provoque la panique et les premières victimes dans les rangs des manifestants. Certains groupes d'ouvriers armés ripostent alors aux tirs malgré un appel au calme de Durruti (qui est blessé ainsi qu'Ascaso). Mais une compagnie de fantassins, commandé par le capitaine Miranda, en prenant le parti des manifestants met fin à l'affrontement.
Bilan: 1 mort et 15 blessés côté manifestants, 2 morts et plusieurs blessés du côté des gardes civils et des carabiniers.

 

 

 

fil chouette

 

Journal "El Libertario" de 1931

En-tête du journal

Le 1er mai 1931, à Madrid, sortie du premier numéro du journal "El Libertario" Semanario anarquista (hebdomadaire anarchiste). Organe de la F. A. I. "Fédération Anarchiste Ibérique". Soixante huit numéros parviendront à sortir jusqu'au 10 mai 1933, malgré plusieurs interruptions dues à la répression républicaine.
A noter que le titre a été plusieurs fois employé
dans le passé et dans divers lieux, et qu'il verra (après 1933), à nouveau le jour à diverses reprises, jusqu'à aujourd'hui.

 

 

fil chouette

 

journal "Tierra Libre"

En-tête du premier numéro

Le 1er mai 1935, sortie à Sueca (Pays Valencien, Espagne) du premier numéro de "Tierra Libre" Hebdomadaire anarchiste, organe de la Fédération des groupes anarchistes de la région de Sueca. Le responsable de publication est Lluis Sanz Alcañiz, mais par manque de moyen financier, seuls quatre numéros verront le jour, le dernier en date du 25 mai 1935. A noter que le titre "Tierra Libre" a été utilisé à de nombreuses reprises et dans des lieux différents en Espagne.

 

 

 fil chouette

 

1 n° de la revue Mujeres libres

Couverture du premier numéro

Le 1er mai 1936, Espagne, sortie du premier numéro de la revue culturelle et de documentation sociale : "Mujeres Libres", organe et porte-parole des militantes anarchistes féminines espagnoles et de leur mouvement d'émancipation MM.LL.
La revue, née deux mois avant que n'éclate la révolution, s'imposera rapidement par la qualité de ses textes et l'esprit révolutionnaire qui l'animera jusqu'en octobre 1938, avant que la défaite ne contraigne les militantes à la mort ou à l'exil.

 

 

fil chouette

 

journal "Germinal" 1953

En-tête du numéro 14 du 1er mai 1953

journal Germinal de Trieste

En-tête du numéro 62 de l'automne 1993

Le 1er mai 1946, sortie à Trieste (Italie) du premier numéro du journal anarchiste "Germinal". Il est édité par Umberto Tommasini et le groupe anarchiste "Germinal" de Trieste. Il portera ensuite divers sous-titres "Periodique della Federazione Anarchica Giuliana", puis "Giornale anarchico, A cura della Federazione Anarchica Giuliana". Le journal existe toujours aujourd'hui et est consultable en ligne (voir liste des liens).

 

 

 fil yeux

 

Le 1er mai 1968, à Paris, lors de la traditionnelle manifestation, des bagarres éclatent autour du drapeau noir lorsque des communistes tentent d'exclure les anarchistes du cortège. Mais le drapeau noir va bientôt s'imposer dans les cortèges de manifestants durant les mois de mai et juin 68, et la contestation étudiante née à Nanterre va se déplacer à la Sorbonne (voir le 2 mai).

 

 

 fil bombe

 

Le 1er mai 1979, à Paris, apparition du groupe armé "Action Directe" qui signe son premier attentat en mitraillant la façade du CNPF (Conseil National du Patronat Français).
Mais c'est véritablement à partir de septembre 1979 que la lutte armée de ce groupe d'activistes anarcho-communistes va débuter et enchaîner les attentats, malgré une première arrestation d'une dizaine de militants (dont Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon), le 13 septembre 1980.
En 1981, après l'élection de François Mitterand et la forte mobilisation qui permettra la libération des prisonniers politiques et la dissolution de la Cour de Sûreté de l'Etat, la lutte armée reprend à partir de novembre. Après de nombreuses actions qui se terminent parfois par des fusillades avec la police et des arrestations (en particulier celles d'Helyette Bess et Régis Schleicher en mars 1984), la lutte armée passera à un degré supérieur le 25 janvier 1985, avec l'élimination du Général Audran, responsable de la politique militariste française et des ventes d'armes, puis le 17 novembre 1986, du PDG de la régie Renault, Georges Besse, patron de choc spécialiste des restructurations musclées.
Le 3 décembre 1986, un premier procès contre plusieurs activistes impliqués dans la fusillade de l'avenue Trudaine se déroulera à Paris.
Recherchés par toutes les polices, les membres historiques d'Action Directe, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani seront finalement arrêtés le 21 février 1987 dans une ferme de Vitry-aux-Loges dans le Loiret.
Placés à l'isolement total ils feront plusieurs grèves de la faim pour rompre ces conditions de détentions inhumaines qui auront raison de leurs santés. En mai 1994, ils seront condamnés une seconde fois à perpétuité.
Suivre les actions de leur comité de soutien Nlpf (Ne laissons pas faire) appelant à leurs libérations.

 

 

 fil yeux

 

Le 1er mai 1990, à Paris, la station de métro "Stalingrad" est rebaptisée "Commune de Kronstadt" par le groupe libertaire Commune de Paris."
S'il y a faillite des idéologies, ce n'est pas le cas de nos idéaux reposant sur la liberté de chacun, l'égalité pour tous, l'entr'aide et le fédéralisme autogestionnaire.
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demi soleil