

Graffiti "Ne travaillez Jamais" attribué à Guy
Debord
( carte postale, photo et légende de Louis Buffier)
Ephéméride Anarchiste
22 mars

Eugen RELGIS
Le 22 mars 1987, mort
d'Eugen RELGIS (de son vrai nom Eugen SIEGLER WATCHEL), à
Montevideo (Uruguay).
Militant et théoricien pacifiste et libertaire,
écrivain et poète.
Il est né le 2 mars 1895 à Iassy, dans la Moldavie, en
Roumanie. Passionné de poésie, il publie, à
partir de 1912, de nombreux recueils "Folie","Le Triomphe de ne pas
Etre". En 1914, à Bucarest, il entreprend des études
universitaires d'architecture, puis en 1916 dans la Faculté
des lettres et de philosophie. Etudes qui devra interrompre avec
l'entrée en guerre de la Roumanie. Marqué par le
premier conflit mondial, il devient un ardent militant pacifiste. Il
écrit plusieurs études sociales "La Biologie de la
guerre", "Les principes humanitaristes" publiés en 1921, qui
seront traduits dans de nombreuses langues. En 1920, il fonde la
revue "Umanitatea" (l'Humanité) qui sera interdite par la
censure. En 1922, ce polyglotte est nommé directeur de la
Bibliothèque de la Société culturelle
"Libertatea"(Liberté) où il rencontrera l'anarchiste
Panait Mosoiu. En 1923, il crée le "premier groupe
humanitariste" auquel adhèrera Han
Ryner (qu'il rencontrera à Paris en septembre 1930). En
1925, il est membre de l'Internationale des Résistants
à la Guerre "War Resisters International". Il participe
à la conférence pacifiste d'Hodeston (Londres), puis
à celle de Sonntagsberg (Autriche) en juillet 1928.
Persécuté par le régime fasciste puis par le
communisme, il quitte clandestinement la Roumanie en 1947 pour
l'Argentine (où son fils s'était réfugié en
1942), mais c'est en Uruguay qu'il trouvera finalement refuge avec sa
compagne Ana Taubes. A Montevideo, il recommence à publier ses
ouvrages en castillan, grâce en particulier aux traductions de
Vladimiro Muñoz, il
collabore également à la presse uruguayenne et donne
des conférences. Il fait partie d'un groupe avec Abraham
Guillen, Gerard Gatti et d'autres, chargé de la
préservation d'archives libertaires envoyées d'Europe,
mais la police découvre l'endroit, donne l'assaut au local et
vole tout ce qui s'y trouve. Eugen Relgis parvient pourtant,
après maintes difficultés, à échapper
à la police. En 1953 il voyage au Brésil et rencontre,
à Rio de Janeiro, l'anarchiste
José Oiticica dans le but
de faire traduire ses oeuvres en portugais; elles sont pour la
plupart méconnues en France, certains textes ont
été publiés dans les années 30
par"la Brochure mensuelle"
les éditions de "l'en dehors" ou encore par la
Bibliothèque de l'Artistocratie de
Lacaze-Duthiers ). En 1955, il sera
proposé pour le Prix Nobel de la Paix, mais le prix ne fut pas
décerné cette année-là. En 1962, il
séjourna avec sa compagne quatre mois en Israël, avant de
passer par la Suisse, l'Italie et l'Argentine.
Il est l'auteur de très nombreux ouvrages brochures et livres,
presque une cinquantaine rien que dans sa période
roumaine.
"Toutes les institutions
sociales, depuis l'école jusqu'à l'église,
depuis le Parlement jusqu'à l'Académie sont prises dans
le filet de la politique - et subordonnées à ceux qui
ont intérêt à perpétuer l'esclavage et
l'ignorance".
in : L'Internationale Pacifiste (1929).
Le 22 mars 1812,
naissance de Stephen Pearl ANDREWS


Alexandre Marius Jacob
Le 22 mars 1905, au
palais de justice d'Amiens, se clôt le procès
d'Alexandre Marius JACOB, cambrioleur anarchiste, et de sa bande "Les
travailleurs de la nuit" qui auront à leur actif 150
cambriolages. Marius Jacob et Félix Bour sont condamnés
aux travaux forcés à perpétuité. 14
personnes écopent de 5 à 20 années de
réclusion et 7 sont acquittés.
"Pourquoi j'ai
cambriolé""(...) Moi aussi je voudrais vivre dans une
société où le vol serait banni. Je n'approuve et
n'ai usé du vol que comme moyen de révolte propre
à combattre le plus inique de tous les vols : la
propriété individuelle. Pour détruire un effet,
il faut au préalable en détruire la cause. S'il y a
vol, ce n'est que parce qu'il y a abondance d'une part et disette de
l'autre ; que parce que tout n'appartient qu'à quelques uns.
La lutte ne disparaîtra que lorsque les hommes mettront en
commun leurs joies et leurs peines, leurs travaux et leurs richesses
; que lorsque tout appartiendra à tous. Anarchiste
révolutionnaire j'ai fait ma révolution, vienne
l'anarchie".
Ainsi se termine la déclaration
faite par Jacob à son procès.

La Faculté de Nanterre occupée
Le 22 mars 1968, à
la cité Universitaire de Nanterre (région parisienne),
le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de "mouvement du 22 mars",
occupe les locaux de l'Université. Il est l'aboutissement d'une contestation grandissante emmenée par des groupes d'extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d'abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d'accéder à la résidence universitaire des filles).
Rapidement ce mouvement conduit par Daniel COHN-BENDIT (qui se réclame alors de
l'anarchie) va passer de la critique de l'Université à la critique de la société et de l'autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68
français (voir 2 mai et la suite des évènements).
