durruti en couverture du magazine   umbral

Hommage à Durruti dans le magazine "Umbral"
du 19 novembre 1938

Ephéméride Anarchiste

20 novembre 

 

Buenaventura Durruti jeune ° Buenaventura Durruti

Buenaventura Durruti

Le 20 novembre 1936, mort de Buenaventura DURRUTI DUMANGE, à Madrid.
Militant et activiste anarchiste et anarcho-syndicaliste espagnol, combattant antifranquiste, figure emblématique de l'anarchisme espagnol.
Il est né le 14 juillet 1896 à León. Son père était un ouvrier corroyeur, syndicaliste.
En 1910, Buenaventura commence à travailler comme apprenti dans un atelier de métallurgie. A 17 ans, il est tourneur sur métaux et l'année suivante est embauché à la Cie des Chemins de fer du Nord. Lors de la grève générale insurrectionnelle d'août 1917, il fait partie d'un groupe de jeunes saboteurs; la troupe intervient et tire à la mitrailleuse sur les grévistes faisant des centaines de morts. Désavoué par le syndicat (UGT), Buenaventura est révoqué à la fin de la grève. Recherché pour actes de sabotages et insoumission, il quitte León et se réfugie à Gijón, puis en France. En janvier 1919, il rentre en Espagne, travaille à La Felguera comme mécanicien et adhère à la C.N.T . En mars 1919, il est arrêté pour désertion mais parvient à s'évader et à revenir en France. A Paris, il rencontre d'autres exilés espagnols, mais aussi Sébastien Faure et Louis Lecoin.
De retour en Espagne en 1920,
il se lie avec l'anarchiste Manuel Buenacasa, puis fonde le groupe d'activistes "Los Justicieros", pour contrecarrer les pistoleros du patronat. Il prend part à un attentat avorté contre le roi Alphonse XIII, et à des "expropriations". En 1922, il rencontre Francisco Ascaso. En août 1923 le groupe s'installe à Barcelone où, renforcé par des militants catalans, il devient l'emblématique groupe "Los Solidarios" embryon de la future F.A.I.
Arrêté à Madrid en avril 1923, alors qu'il devait assister à un congrès anarchiste, Durruti est transféré à San Sebastián, mais remis en liberté.
Le 1er septembre 1923, Durruti participe à l'attaque de la Banque d'Espagne à Gijón. Quelques jours plus tard, le général Primo de Rivera arrive au pouvoir à la faveur d'un Coup d'Etat. Commence alors une féroce répression contre les organisations ouvrières. Durruti s'exile à nouveau en France avec Francisco Ascaso, ils y sont rejoints par Gregorio Jover. Ils recontrent Makhno et financent à Paris "la Librairie Internationale". Début novembre 1924, Durruti participe à une tentative de soulèvement dans les Pyrénées à Vera de Bidasoa (qui échoue). Menacé d'expulsion, Ascaso et Durruti passent en Belgique. A Bruxelles, Hem Day les accueille et leur permet d'embarquer pour Cuba. Durruti et Ascaso travaillent comme arrimeurs sur le port de la Havane, mais remarqué par la police, ils sont contraints de quitter la capitale. Ils travaillent ensuite comme coupeurs de canne à sucre dans une hacienda, mais finissent par tuer le patron esclavagiste au nom de "La Justicia de los Errantes". Ils partent pour le Mexique, où les rejoignent Gregorio Jover et Alexandro Ascaso (frère de Francisco). "Los Errantes" y pratiquent de nombreuses "expropriations" qui aident à financer publications révolutionnaires, syndicats et écoles rationnalistes. Ils se rendent ensuite au Pérou, au Chili, en Argentine et en Uruguay, où ils poursuivent leurs braquages. Traqués par toutes les polices d'Amérique Latine, ils retournent en France, le 30 avril 1926. Impliqués dans un complot en vue d'assassiner le roi d'Espagne lors de sa venue à Paris, Francisco Ascaso et Durruti sont arrêtés le 25 juin 1926 par la police française, et condamnés à six mois de prison pour détention d'armes.
L'Espagne et l'Argentine réclament leur extradition, ainsi que celle de Jover. L'Union Anarchiste et particulièrement Louis Lecoin mène une intense campagne de solidarité qui aboutit à leur libération en juillet 1927. Durruti rencontre Emilienne Morin qui devient sa compagne et avec qui il aura une fille, Colette (qui naîtra à Barcelone).
Persona non grata dans de nombreux pays, Durruti et Ascaso sont
expulsés vers la Belgique le 23 juillet 1927, mais retournent clandestinement en France. En janvier 1928, ils assistent à une réunion secrète avec Ricardo Sanz, Joaquín Cortés et Miguel G.Vivancos. Ils passent ensuite en Allemagne, où ils rencontrent en octobre 1928, à Berlin, Rocker, Souchy et Mühsam. L'Allemagne ne voulant pas d'avantage leur accorder l'asile politique, ils retournent en Belgique.
Ils sont de retour en Espagne à l'avènement de la République (avril 1931), et prennent part à de nombreux conflits sociaux et affrontements (comme le 1er mai 1931 à Barcelone), enchaînant réunions et meetings.
En janvier 1932, les mineurs de Fijols (quelques jours après un meeting de Durruti), se soulèvent et proclament le Communisme libertaire. La rébellion est matée par l'armée, Ascaso et Durruti sont arrêtés et internés sur un bateau (avec d'autres ouvriers insurgés), ils se mutineront durant leur déportation. Internés à Fuerteventura (Canaries), ils y resteront jusqu'en septembre 1932 et seront accueillis en héros à leur retour.
Rejoint par Juan García Oliver et d'autres activistes, ils forment le groupe anarchiste "Nosotros". Le 8 janvier 1933, de nouvelles insurrections ont lieu en Espagne, mais elles sont également matées. Traqués, Ascaso et Durruti sont arrêtés en avril 1933, et emprisonnés à la prison Modelo de Barcelone puis transférés en juillet dans un fort à Cadix, où une mutinerie éclate. Ils sont ensuite libérés en septembre, sous la pression de la rue. L'agitation sociale grandissant encore, Durruti, Isaac Puente et Cipriano Mera sont désignés par la CNT pour animer un Comité national révolutionnaire siègant à Saragosse. Durruti intervient dans des meetings monstres comme celui du 15 septembre 1933, à Barcelone, rassemblant plus de cent mille personnes.
Le 8 décembre 1933 une nouvelle insurrection générale éclate en Espagne, elle est matée le 15 décembre. Durruti est arrêté avec les autres membres du Comité révolutionnaire et transféré à la prison de Burgos où il ne sera libéré qu'en mai 1934.
Le 4 octobre 1934, la droite monarchiste entre au gouvernement, le jour même Durruti et plusieurs militants cénétiste sont arrêtés, alors qu'éclate une grève générale suivie d'affrontements armés sanglants jusqu'au 16 octobre, notamment dans les Astruries. Durruti fait alors partie des 30 000 prisonniers politiques, il est finalement libéré en novembre 1935 en pleine campagne pour l'amnistie et avant la victoire du Front populaire de février 1936. Grèves et occupations de terres se multiplient dans un climat survolté face aux menaces de Coup d'Etat militaire.
Le 19 juillet 1936, suite au soulèvement militaire factieux dirigé par Franco, l'insurrection ouvrière révolutionnaire éclate. Le peuple s'arme et s'oppose aux factieux.
Durruti dirige les combats place de la Catalogne, participe à l'assaut du Central Téléphonique et prend part le lendemain à l'attaque de la caserne militaire Atarazanas (où Francisco Ascaso trouvera la mort). Après le triomphe de l'insurrection en Catalogne, et alors que la révolution sociale se met en marche, le Comité central des milices décide l'envoi de colonnes de combattants volontaires pour libérer les régions et villes comme Saragosse tombées aux mains des factieux.
Le 24 juillet 1936, Durruti sort de Barcelone à la tête d'une Colonne (qui porte son nom) composée de 6 000 mille combattant(e)s, elle comprend également un Groupe International. Ils se dirigent vers Saragosse, libérant au passage les villages aragonais, qui s'organisent à leur tour de façon libertaire. Après avoir repris plusieurs localités comme Sietamo et Pina de Ebro, le Front se stabillise le 28 juillet devant Saragosse, qui ne peut être prise à cause du manque d'armes. Durruti envisage de s'emparer de l'or de la Banque d'Espagne pour acheter des armes à l'étranger, projet repoussé par les dirigeants de la CNT (de peur de destabiliser le front républicain). Mais le gouvernement républicain, sous la pression communiste, décide la militarisation des milices. Début novembre, la Colonne Durruti qui refusait cette militarisation est envoyée défendre Madrid menacée par les fascistes. Elle y repousse à partir du 15 novembre les troupes fascistes dans le secteur de la Cité Universitaire, au prix de lourdes pertes. C'est là que le 19 novembre, Durruti est atteint d'une balle. Il meurt le lendemain, sans que les circonstances de sa mort ne soient clairement établies, laissant la porte ouverte à toutes les spéculations. Son corps est ramené à Barcelone où le 22 novembre 1936 ses funérailles donnent lieu à une immense manifestation d'hommage populaire. Mais à cause de la foule et du mauvais temps, son corps ne sera finalement enterré que le lendemain 23 novembre.

timbre Durruti

Timbre commémoratif de la mort de Durruti CNT FAI
20 novembre 1936 "Te souviens-tu de cette date compagnon ?"

fil yeux


james guillaume

James Guillaume

Le 20 novembre 1916, mort de James GUILLAUME, (né le 16 février 1844 à Londres).
Militant libertaire et historien de l'Internationale.
Né d'une mère française et d'un père suisse. C'est dans ce dernier pays, où il devient professeur, qu'il fonde en 1866 avec Constantin Meuron la section de l'Internationale du Locle. En 1869 il rencontre Bakounine et adhère à ses idées collectivistes (anarchistes). Le 11 avril 1870 il devient le rédacteur de "La Solidarité" organe de la fédération romande de l'A.I.T, puis véritable artisan de la Fédération Jurassienne, il en rédige le Bulletin dont le premier numéro sort le 15 février 1872 à Sonvillier. Son fédéralisme libertaire se heurte au centralisme autoritaire marxiste et, lors du congrès de La Haye en 1872, il est exclu avec Bakounine, il prend ensuite part au Congrès antiautoritaire de Saint-Imier. Victime également d'un interdit professionnel il s'établit à Neuchâtel où il travaille dans l'imprimerie familiale puis en donnant des leçons.
En 1878 il quitte la Suisse pour Paris où il devient rédacteur de la Revue Pédagogique. Devenu français en 1889, il soutiendra ensuite le syndicalisme révolutionnaire et Fernand Pelloutier (le créateur des Bourses du travail). Historien de l'Internationale il publie de 1905 à 1910, le résultat de ses minutieuses recherches.

"Il ne s'agit pas d'améliorer certaines institutions du passé pour les adapter à une société nouvelle, mais de les supprimer. Ainsi, suppression radicale du gouvernement, de l'armée, des tribunaux, de l'église, de l'école, de la banque, et de tout ce qui s'y rattache."

In "L'Organisation sociale" (1876).

 

 

Le 20 novembre 1859, naissance d'Alexandre STEINLEN,

 

Le 20 novembre 1862, naissance de Georges PALANTE

 

Le 20 novembre 1896, mort de Rose PESOTTA (de son vrai nom Rachelle PEISOTY).

 

Le 20 novembre 1957, mort de Jean-Baptiste KNOCKAERT

 

Le 20 novembre 1977, mort de Louis MERCIER-VEGA

 

Le 20 novembre 1910, (7 novembre dans le calendrier Julien), mort de Léon TOLSTOI

 

 

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"Revue Anarchiste internationale" n2

Couverture du numéro 2 du 20 décembre 1884 (doc. Mondaneum, Mons)

Le 20 novembre 1884, à Bordeaux (Gironde), sortie du premier numéro de la "Revue Anarchiste Internationale" paraissant le 20 de chaque mois. Victorin Dépombs est le redacteur administrateur de cette publication et Toche le gérant. Les articles sont anonymes, mais la revue indique la ville ou le pays de provenance, elle donne ainsi des informations intéressantes sur la progression des idées anarchistes. Mais à cause de difficultés financières, seuls cinq numéros sortiront, le dernier daté du 20 mars 1885. Un projet de reparution en 1886 ne se concrétisera pas.
A noter que Victorin DÉPOMBS, né en 1856, était cordonnier anarchiste et demeurait au 34 rue Tastet à Bordeaux. Il pourrait être parent avec Jacques Dépombs, qui fit en 1895 un projet de colonie agricole anarchiste. En janvier 1887, Victorin Dépombs sera le responsable du groupe anarchiste de la rue du Hautoir, rattaché au groupe "La jeunesse anarchiste de Bordeaux".

 

 

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couverture de la revue societe nouvelle

Couverture de la revue n°3 (2ème série) de septembre 1910
publiée à Paris et à Mons (Belgique)

Le 20 novembre 1884, sortie à Bruxelles du premier numéro de "La Société Nouvelle" Revue (mensuelle) internationale ( Sociologie, Arts, Scienses, Lettres) fondée par Pierre Brouez à laquelle succèdera son fils Fernand. Avec sa devise "Paix et rénovation sociale" elle va rapidement s'entourer de nombreux collaborateurs de talent dont un nombre important de penseurs libertaires. Fernand Brouez gravement malade, la revue s'arrête en janvier 1897, à son 145e numéro. Quatre mois plus tard en mai 1897 "L'Humanité Nouvelle" (publiée à Paris par Augustin Hamon) lui succède, presque tous les collaborateurs de "la Société Nouvelle" sont présents.
Mais suite à un différent avec la société éditrice, la revue cesse sa parution en février1901; elle est de nouveau publiée d'octobre 1902 à décembre 1903.
En juillet 1907 "La Société Nouvelle" réapparaît à Mons (Belgique), Jules Noël en est le responsable. La revue s'arrêtera en juillet 1914.

 

Fragment de la couverture d'une étude d'Hem Day
publiée en 1969, sur l'histoire de ces deux revues.

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journal "El Rebelde"

En-tête du premier numéro

Le 20 novembre 1898, sortie à Santiago du Chili du premier numéro du périodique anarchiste "El Rebelde" (Le Rebelle). Cette publication qui fait appel à la souscription volontaire peut être considérée comme le premier périodique ouvertement anarchiste au Chili. Il est édité par les typographes et imprimeurs : Magno Espinosa, Luis Olea et Alejandro Escobar y Carvallo, qui ont déjà, entre 1893 et 1896, publié d'autres journaux ouvriers comme "El Oprimido", "La Luz", "El Grito del Pueblo" et "El Proletario".
Ce journal "El Rebelde"est l'organe du groupe anarchiste du même nom. Il paraît de manière irrégulière comme l'annonce l'en-tête (paraît quand il peut). Il se prononce ouvertement pour l'action directe et le combat contre l'Etat. Il sera le premier à inviter les ouvriers à célébrer le Premier mai comme une date clef du mouvement ouvrier.
Suite à ses déclarations dans le premier numéro, Magno Espinosa est détenu durant 30 jours pour "Abus de liberté de presse". Un second numéro paraîtra l'année suivante, le 1er mai 1899, dans lequel il lance un appel aux Sociétés de résistances à participer à un meeting devant le Congrès National, le jour de son ouverture, le 1er juin 1899. Suite à cet appel, Magno Espinosa est à nouveau arrêté pour "offenses à l'Etat et subversion". Après un mois d'emprisonnement, il sera libéré, mais le journal ne reparaîtra pas.
A noter qu'un journal argentin portant ce titre est sorti à Buenos Aires, à la même période.

 

 

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Criminalogia Moderna

En-tête du premier numéro

Le 20 novembre 1898, à Buenos Aires (Argentine) sortie du premier numéro de la revue "Criminalogia Moderna" (Criminologie Moderne) par Pietro Gori avocat anarchiste italien en exil. Cette première revue traitant de criminologie en Argentine, sortira jusqu'en 1900. "Contra violentiam ratio" (Contre les rapports de violence).

 

 

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journal "F.I.J.L." Madrid

En-tête du numéro 12 du 20 novembre 1936

Le 20 novembre 1936, sortie à Madrid du numéro 12 du journal "F. I. J. L." (Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires). Ce bulletin journalier d'information et de propagande a commencé à paraître le 11 novembre 1936, il cessera de paraître après le 4 mars 1937 (104 numéros).
A noter que la numérotation continue celle de "Juventud Libre" (journal paru les 9 et 10 novembre 1936), le premier exemplaire de F.I.J.L. du 11 novembre porte ainsi le numéro 3.
Ironie de l'histoire, ce numéro 12, portant une citation de Durruti, pour le moins autoritaire, paraît le jour même de sa mort.
"Si nécessaire, nous décréterons la mobilisation générale, nous introduirons une discipline de fer. Nous autres renonçons à tout, sauf à la victoire"

 

 

 

fil lierre

 

mémorial "Hálito Durruti" à león

Mémorial "Hálito Durruti" place Santa Ana à León
oeuvre du sculpteur Diego Segura

 

Le 20 novembre 2009, à León (Espagne), inauguration place Santa Ana du mémorial "Hálito Durruti" (le Souffle Durruti).
Hommage de la CGT espagnole dans le cadre des journées libertaires (du 16 au 20 novembre), caractérisées par des conférences et expositons dans la cité natale de Buenaventura Durruti à l'occasion des 73 ans de sa mort.
Premier mémorial en Espagne dédié à l'anarchisme révolutionnaire, oeuvre du sculpteur Diego Segura, qui rend ainsi hommage aux anarchistes, hommes et femmes, qui ont combattu et sont morts pour un monde meilleur. Le site choisi (le jardin de Santa Ana) était en fait le lieu de domicile des parents de Durruti, il se trouve aujourd'hui dans la zone piétonne de la ville et bénéficie d'une grande visibilité.
Deux grands rochers rectangulaires de 2,50 mètres de haut, symbolisant la fermeté de conviction, entourent un cylindre en bronze poli représentant "le souffle", "la fleur intérieure" que nous portons avec passion dans nos coeurs.
Plus de 300 personnes ont assisté à cette inauguration, et parmi eux : Manuel Durruti (neveu de Buenaventura Durruti), Miguel Angel Gomez représentant de la CGT en Castille et León, Ceacero Jacinto, secrétaire général de la CGT, ou encore Aurora Tejerina (fille de l'anarchiste Laurentino Tejerina).