livre de Godwin  : Caleb Williams°

Traduction française de 1797 du célèbre roman de Willams Godwin :
"Les choses comme elles sont ou Les Aventures de Caleb Williams"

Ephéméride Anarchiste

3 mars 

william godwin

William Godwin

Le 3 mars 1756, naissance de William GODWIN à Wisbeach, comté de Cambridge.
Penseur et théoricien anglais, précurseur de l'anarchisme.
D'abord pasteur dissident, il abandonne la religion et publie, en 1793, "Enquête sur la justice politique", oeuvre philosophique qui contient les principales bases politiques et économiques de l'idéal libertaire.
Considérant que "Tout gouvernement est un mal" car il est une "abdication de notre propre jugement et de notre conscience", un frein dans la recherche de l'harmonie entre les hommes, celle-ci devant se réaliser par l'éducation libre ; seul moyen de se débarrasser des superstitions de la religion et de la tentation totalitaire.
Sa première femme, Mary WOLLSTONECRAFT publie quant à elle, en 1792, "Revendication des droits des femmes", mais meurt en donnant naissance à sa fille, Mary, qui deviendra la compagne du poète Percy Bysshe SHELLEY, à son tour conquis par les idées de Godwin.(Mary SHELLEY est en outre l'auteur du célèbre "Frankenstein").
La seconde femme de Godwin donnera naissance à une autre fille, Claire Clermont, maîtresse de Byron. Godwin sera victime de la presse conservatrice et, réduit à la misère, il mourra à Londres le 7 avril 1836.
Sa pensée lui survivra et aura une influence considérable sur le mouvement socialiste et anarchiste, tant en Angleterre que sur le continent.

Godwin Enquiry concerning Political Justice 1793

Édition originale du livre de William Godwin
"An Enquiry concerning Political Justice" (Dublin 1793).

 

 

 samuel schwartbard

Samuel Schwartzbard

Le 3 mars 1938, mort de Samuel SCHWARTZBARD à Capetown (Afrique du sud).
Militant anarchiste juif et écrivain.
Il est né en 1886, en Bessarabie. Activiste révolutionnaire, engagé en 1905 dans la résistance contre les pogroms en Russie. Il s'exile à Paris en 1906, participe au premier conflit mondial puis combat en Russie contre les armées blanches. En 1920, il rentre à Paris où il milite dans les milieux anarchistes juifs, et fréquente Alexandre Berkman, Mollie Steimer et Senya Flechine, ainsi que Nestor Makhno.
Le 25 mai 1926, il tue de plusieurs coups de revolver l'hetman Simon Petlioura qu'il tient pour responsable des pogroms en Ukraine où moururent plusieurs membres de sa famille. Jugé le 18 octobre 1927, à Paris, il est finalement acquitté. Il se consacre dès lors à la lutte contre l'antisémitisme et est à l'origine de la création de la "LICRA" (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme). Il est l'auteur de : "Rêves et réalité" (1920, en yiddish)"En lutte avec soi-même" (1933), etc.

 

 

Le 3 mars 1936, naissance d'André LAUDE

 

Le 3 mars 1966, mort d'Augusto MASETTI

 

 

 

fil zig

 

gravure Expulsion d'un anarchiste

Dessin en Une du journal "Puck"(avril 1887), illustration d'une extradition d'un anarchiste par l'Oncle Sam,
qui le livre au Tsar de Russie, où il est promis à la Sibérie, comme le suggère la pancarte.
A noter le livre "Comment fabriquer des bombes"
"Extradition des anarchistes ! Le plus tôt sera le mieux!" (Sic!)

Le 3 mars 1903, à Washington, lors du dernier jour du 57e Congrès américain, une loi visant à réglementer l'immigration des étrangers aux États-Unis et particulièrement des anarchistes est votée. Cette loi était réclamée par Theodore Roosevelt depuis l'attentat de Léon Czolgosz contre McKinley le 6 septembre 1901. Désignée sous le nom de "Anarchist Exclusion Act", outre les anarchistes, elle restreint le droit d'immigration et autorise la déportation de trois autres catégories d'individus, les personnes souffrant d'épilepsie, les mendiants et les proxénètes.
Elle s'applique à toute personne qui ne croit pas ou qui s'oppose à l'existence d'un gouvernement, ou qui est membre ou affilié à une organisation qui est opposée à tout gouvernement organisé, ou qui enseigne comment s'en passer. Toutefois, la loi limite l'expulsion des anarchistes, non-citoyens américain, aux trois premières années de leur séjour aux États-Unis.
Renforcée le 29 juin 1906, la loi élargira la définition d'anarchiste et renforcera la possibilité du gouvernement d'expulser sans limitation de temps. Les clauses en seront encore étendues en 1918 après l'entrée en guerre des Etats-Unis.
La première victime de cette nouvelle législation sera l'anarchiste anglais John Turner qui effectuait une tournée de conférences aux Etats-Unis.

 

John Turner

John Turner
Photo tirée de la collection Joe Labadie à l'Université du Michigan

John TURNER était un militant et propagandiste anarchiste et syndicaliste révolutionnaire britanique.
D'origine écossaise, il est né en 1865. Conférencier et journaliste, il est le fondateur du "Shop Assistants' Union" Syndicat des employés de magasins. Il est devenu anarchiste après l'affaire de Haymarket et l'exécution le 11 novembre 1887, des anarchistes de Chicago. Il rejoint alors la "Socialist League" de William Morris. Durant les années 1890, il collabore avec le groupe qui publie le journal "Freedom" et de 1894 à 1906, il en sera l'éditeur officiel. En mars 1896, sur la suggestion de Harry Kelly, il part pour une tournée de conférences de sept mois aux Etats-Unis, aidé d'Emma Goldman et d'autres anarchistes New-Yorkais. Emma, qui l'avait déjà rencontré lors de son voyage à Londres en 1895, fera des conférences avec lui aux Etats-Unis, elle touchera de fait un public plus large, d'origine anglaise. De retour en Angleterre en 1898, Turner sera l'organisateur de la "National Amalgameted Union" et en 1900 de la "International Federation of Commercial Employees"(Fédération internationale des employés de commerce).
En 1903, il retourne aux Etats-Unis mais, le 23 octobre 1903, après avoir donné une conférence au "Murray Hill Lyceum" à New York, il est arrêté en vertu de "l'Anarchist expulsion Act". Il est trouvé en possession du journal "Free Society" de Johann Most et de son agenda de conférences qui mentionnait les "martyrs de Haymarket". Cela suffit pour le retenir en prison à Ellis Island durant trois mois, en attendant les résultats de son appel auprès de la Cour Suprême. Remis en liberté sous caution, il poursuit ses conférences. Il est soutenu par Emma Goldman qui, en coopération avec la "Free Speech League", a recruté Clarence Darrow et Edgar Lee Masters pour le défendre. Lors de l'appel, ils font valoir que cette loi sur l'immigration était inconstitutionnelle et que Turner ne serait qu'un simple "philosophe anarchiste" et donc pas une menace pour le gouvernement. Mais le juge Melville Fuller dit alors que la décision de la Cour jugeant des Droits ne s'applique pas aux étrangers et que le Congrès avait le droit de refuser l'entrée à toute personne qu'il jugerait une menace pour le pays. Turner est ainsi devenu le premier anarchiste expulsable en vertu de "l'Anarchist expulsion Act". Mais John Turner retourne le 30 avril 1904 en Angleterre, avant que la Cour ne confirme, le 16 mai 1904, la loi sur l'immigration et ne demande sa déportation.
En Angleterre, outre "Freedom", Turner collaborera à partir de 1907 à "Voice of Labour", mais aussi à "Mother Earth". En août 1907, lors du Congrès anarchiste International d'Amsterdam, il sera avec Alexandre Schapiro, Jean Wilquet, Rudolf Rocker et Errico Malatesta, un des cinq secrétaires du Bureau de correspondance international, sans pouvoir assister à la conférence.
John Turner, à ne pas confondre avec l'anarchiste américain John Kenneth Turner, est mort en 1934.
A noter que sa soeur Lizzie, également anarchiste, partagera la vie du compagnon écossais Thomas H. Bell, qui était entré en contact avec Emma Goldman lors de sa tournée en Ecosse en janvier 1900.

 

 

 fil chouette

 



Couverture du premier numéro, celui de 1939.

En mars 1939, sortie à Onzain (Loir-et-Cher) par Louis Simon du premier (et seul numéro avant-guerre) des "Cahiers des Amis d'Han Ryner".
Contrainte au silence durant le conflit, cette publication trimestrielle consacrée à la diffusion de l'oeuvre et de la pensée anarchiste individualiste d'Han Ryner reparaît (numéro 1 d'une nouvelle série) à partir du premier trimestre 1946 à Pavillons-sous-Bois (banlieue parisienne). Louis Simon et sa compagne Georgette Ryner en assureront la direction et le secrétariat.
Cette revue qui regroupera de nombreux collaborateurs (qu'il serait trop long de citer ici), poursuivra malgré la mort de Louis Simon en 1980 (et une scission survenue en 1982), sa parution jusqu'en 1991. Le dernier exemplaire paru était double (2 ème et 3 ème trimestre 1991) portait les numéros 180-181.

 

 

fil chouette

 

journal "L'Amico del Popolo"

En-tête de ce premier numéro (dit numéro unique)

Le 3 mars 1946, à Gênes (Italie), sortie du premier numéro du journal "L'Amico del Popolo" (L'Ami du Peuple), édité par la Fédération Communiste Libertaire Ligure, adhèrente de la F.A.I. (Fédération Anarchiste Italienne). Bien que ce premier numéro porte la mention "numéro unique" la publication de ce bimensuel se poursuivra jusqu'au 30 novembre 1948 (numéro 15 de la troisième année). A partir du 11 novembre 1946, le sous-titre perd sa référence au communisme et devient : "Periodico della Federazione Anarchica Ligure".
A noter que ce titre de journal a été employé à de nombreuses reprises par les anarchistes italiens.

 

 

 fil bombe

 

 la librairie publico plastiquee

Devanture de la librairie après l'attentat fasciste

 

Le 3 mars 1962, à Paris, alors que la guerre d'Algérie touche à sa fin, le siège social du Monde Libertaire, et sa librairie sise 3 rue Ternaux, est entièrement détruit par un attentat de l'O.A.S.
"L'Organisation Armée Secrète", créée par des ultras après le putsch avorté des généraux factieux du 21 avril 1961, multiplie les attentats en France comme en Algérie contre tous ceux qui militent pour la fin de la guerre et l'indépendance de l'Algérie.
Cet attentat se produit en fait un mois après le massacre (métro Charonne) du 8 février 1962, où neuf manifestants sont tués par la police alors qu'ils participaient à une manifestation contre les agissements de cette même O.A.S.

affiche du Monde Libertaire après l'attentat 

Affiche du Monde Libertaire après l'attentat