pin's Fusil brisé

Pin's Fusil brisé

Ephéméride Anarchiste

30 septembre

timbre espéranto

Timbre promotion de l'Espéranto

Le 30 septembre 1875, naissance d'Etienne HABERT, à Ambillon (Indre-et-Loire).
Militant anarchiste, espérantiste.
Fils d'un charpentier, il exercera lui-même cette profession à Paris comme ouvrier journalier. Militant anarchiste, il se blessa en 1906, avec le compagnon Alfred Bouchard, en procédant à la confection d'une bombe. Jugé le 29 juin 1906 devant la 2ème Chambre correctionnelle pour "détention et fabrication d'explosifs" il est condamné à cinq ans de prison et 100 Fr d'amende.
Sa peine purgée, il rejoint le groupe anarchiste des Amis du "Réveil anarchiste ouvrier"
(1912-1913). Durant la guerre il est affecté au 93e régiment d'infanterie.
En 1921, trésorier de la Fédération des espérantistes révolutionnaires, il donne au siège de la coopérative La Bellevilloise des cours d'espéranto au groupe espérantiste révolutionnaire "Sennacieca Asocio Tutmonda" (Association Mondiale Anationale). Son "Cours rationnel et complet d'espéranto" sera publié cette même année 1921. La Police qui suivait ses activités signale qu'il aurait rallié après le congrès de Tours de la SFIO (en 1920), la Section Française de l'Internationale communiste (SFIC), futur Parti Communiste Français.
On perd ensuite sa trace au moins dans le milieu libertaire.

 

 Louis Lecoin

Louis Lecoin

 Le 30 septembre 1888, naissance de Louis LECOIN, à St-Armand-Montrond (dép. du Cher).
Figure importante de l'anarchisme, du syndicalisme, de l'antimilitarisme, et du pacifisme français.
Il naît dans une famille nombreuse pauvre, son père est un ouvrier agricole illettré. En 1904, son certificat d'études en poche, il monte à Paris, où il trouve du travail chez un pépinièriste. Il se syndique à la CGT et devient anarchiste en 1905. En octobre 1910, alors qu'il effectue son service militaire, il refuse de servir de briseur de grève lors de la grande mobilisation des cheminots, et est condamné à Bourges, le 15 novembre 1910, à 6 mois de prison pour "refus d'obéissance à l'intérieur de l'armée". Démobilisé en mars 1912, il retourne à Paris et devient le 6 juillet co-secrétaire (avec Edouard Boudot) de "la Fédération Communiste Anarchiste". En novembre 1912, il est arrêté pour la publication avec Pierre Ruff d'une affiche antimilitariste et condamné à cinq ans de prison et trois mille francs d'amende, pour "menées anarchistes - provocation au meurtre à l'incendie et au pillage".
Emprisonné à Caen durant le conflit mondial, il reste un opposant irréductible à la guerre, il est ainsi le co-auteur avec Ruff d'un appel pacifiste "Aux anarchistes, aux syndicalistes, aux hommes" qui sera diffusé dans le milieu libertaire. Finalement libéré en novembre 1916, il reçoit aussitôt un ordre de mobilisation pour Bourges, dans une section disciplinaire. Il adresse alors une lettre au gouvernement militaire de Paris dans laquelle il manifeste son refus d’être incorporé. Avec Pierre Ruff et Julien Content, il rédige un tract : "Imposons la paix". Il le distribue seul à Belleville, le 11 décembre, ce qui entraîne son arrestation puis celle de ses deux camarades. Ils comparaissent le 5 mars 1917 et sont condamnés pour "propos alarmistes" ( Lecoin et Ruff à un an de prison et 1000 francs d’amende, Content à 6 mois et 500 francs d’amende). En outre, Lecoin écope de 18 mois supplémentaires pour "trouble à l'ordre public". Remis en liberté le 12 septembre 1917, il est arrêté quatre jours plus tard pour "insoumission" et à nouveau condamné à 5 ans de prison en décembre.
Bénéficiant d'une grâce, il est libéré du pénitencier d'Alberville le 24 novembre 1920. Il reprend aussitôt son militantisme au sein de la CGT et intègre en novembre "l'Union Anarchiste" qui le désigne comme administrateur du "Libertaire" et de sa librairie.
En 1921, lors du congrès de la CGT à Lille, devant les menaces des "gros bras" réformistes de la direction, il tire en l'air avec son revolver pour que les syndicalistes révolutionnaires puissent s'exprimer. Une fois la scission consommée, il rejoint la CGTU, mais sera ensuite écarté du conseil administratif, par les communistes. En juillet 1922, il quitte le secrétariat du "Libertaire", et s'installe avec Marie Morand (la soeur de Jeanne). Il se spécialise ensuite dans la défense des prisonniers politiques et des militants menacés d'extradiction, comme les deux cénétistes, Luis Nicolau et Pedro Mateu (réclamés par l'Espagne pour l'attentat contre le président du Conseil Ed. Dato); pour Emile Cottin, Germaine Berton, Jeanne Morand, Nestor Makhno, Camillo Berneri, etc. En 1927, "Le Comité international du droit d’asile" (CIDA) créé Lecoin et Nicolas Faucier, mène une grande campagne en faveur de l'amnistie des trois militants anarchistes espagnols, Durruti, Ascaso et Jover, qui aboutit à leur libération. La même année il organise la campagne de solidarité pour sauver Sacco et Vanzetti.
Au congrès de novembre 1927, lorsque "l'UA" adopte les thèses plateformistes, et se rebaptise "Union Anarchiste Communiste Révolutionnaire" (UACR), Lecoin opte pour la minorité synthésiste. En 1928, il est admis au Syndicat des correcteurs. Au début des années trente, pour favoriser la lutte contre le fascisme et les menaces de guerre, il se monte favorable à la réunification de la CGT et de la CGTU, de même que dans le mouvement anarchiste, il défend en 1934 la réunification de l'UACR avec l'AFA et participe aux Comités d'action antifasciste.
Lorsqu'éclate la Révolution en Espagne, pour appuyer et venir en aide aux compagnons espagnols, il crée le 12 octobre 1936 le "Comité pour l'Espagne Libre" (CEL) qui se transformera l'année suivante en section française de SIA "Solidarité Internationale Antifasciste" qui éditera le journal du même nom. En 1938, il participe au "Centre syndical d'action contre la guerre" (CSACG), mais est poursuivi pour l'affiche "Mobilisation générale pour la Paix" et pour un article paru dans "Le Libertaire". Le 14 décembre 1938, il est condamné par défaut pour "provocation de militaires à la désobéissance". Il se prononce alors pour un "pacifisme pur" et s'oppose aux positions de "l'UA" prônant un "pacifisme révolutionnaire".
Quelques jours avant la déclaration de guerre, il fait signer 31 personnalités politiques et intellectuelles dans un tract "Paix Immédiate" qu'il fait tirer à cent mille exemplaires. Mais il est arrêté à Angers le 29 septembre 1939 et emprisonné. Lors du procès en novembre 1939, certains des signataires prenant peur se renient et accusent Lecoin de les avoir abusés.
Détenu successivement au camp de Gurs, à Nexon, puis en Algérie, il est libéré en septembre 1941, mais reste sous surveillance. Il sera encore condamné à Périgueux, en mars 1942, pour "infraction à la censure", mais l'intervention du renégat Marcel Déat lui évite la prison. Il travaille ensuite comme contrôleur des "Restaurants communautaires" dépendant du régime de Vichy. Après la Libération, il reste en marge du mouvement anarchiste en pleine reconstruction. En 1946, il publie ses mémoires "De prisons en prisons". En octobre 1948, il crée la revue pacifiste et humaniste "Défense de l'Homme". En novembre 1951, il s'installe avec sa compagne à Vence (Alpes-Maritimes), mais après la mort de celle-ci en décembre 1956, il revient en région parisienne et fonde en janvier 1958, avec Pierre Martin, le bimensuel "Liberté". Membre de "L'Union Pacifiste de France" (UPF), il constitue alors un "Comité de patronage et de secours aux objecteurs de conscience" (CPSOC) et se mobilise pour arracher un statut pour les objecteurs. Il entame le 1er juin 1962, à l'âge de 74 ans, une grève de la faim. Après 22 jours de jeûne, il obtient finalement une promesse du gouvernement. Mais ce n'est qu'après de nouvelles mobilisations qu'un statut pour les objecteurs de conscience est finalement adopté, le 22 décembre 1963, à l'Assemblé Nationale. Lecoin réactive ensuite un nouveau "Comité pour l'Espagne Libre", pour apporter son aide aux antifranquistes. En décembre 1967 il fonde un Comité pour l'extinction des guerres, pour le désarmement unilatéral de notre propre nation.
Il meurt le 23 juin 1971 et est incinéré au Père-Lachaise le 29 juin.

 

 

brochure de Volonté Anarchiste Maurice Fayolle Réflexions sur l'anarchisme

Brochure, premier numéro de "Volonté Anarchiste" (sortie au 4ème trimestre 1977)
et éditée par le groupe Fresnes-Antony de la FA qui sortira au moins 44 numéros jusqu'en mars 1994.
"Réflexions sur l'anarchisme" de Maurice Fayolle (réédition de 1965).

 

Le 30 septembre 1970, mort de Maurice FAYOLLE, à Versailles.
Militant communiste libertaire, artisan de l'Organisation révolutionnaire anarchiste.
Il est né le 8 mars 1909 à Paris. Au début des années trente, après avoir fréquenté la bibliothèque de l'Union coopérative d'Amiens (fondée par des libertaires au début de 1900), Maurice Fayolle commence à militer au sein du groupe d'Amiens de l'Union Anarchiste (UA). Il collabore au Libertaire y animant le rubrique "Réflexe du passant". Il est également un lecteur du journal d'Alphonse Barbé "Le Semeur de Normandie".
Après guerre, Fayolle, qui exerce la profession d'électricien, se fixe à Versailles et prend part à la reconstruction du mouvement anarchiste, dont la Fédération anarchiste où il assurera de 1945 à 1952 le secrétariat au relations intérieures puis relations extérieures. En désaccord avec Georges Fontenis et sa prise de pouvoir au sein de la FA, Maurice Fayolle et le groupe de Versailles est exclu de la FA début 1953. Il participe ensuite avec Maurice Joyeux à la création de la nouvelle FA et de son journal "Le Monde Libertaire". Délégué à la plupart des congrès, il y développe la thèse de l’anarchisme ouvrier organisé mais, à partir de 1956, il demande à modifier les statuts de la FA pour "créer une organisation anarchiste sur des bases sérieuses et solides, ne rassemblant que des hommes résolus à s’évader des paroles stériles". En 1965, ses thèses et textes sont publiés sous le titre "Réflexions sur l’anarchisme". Lors du congrès de la FA à Bordeaux en mai 1967 plusieurs courants (situationnistes, traditionalistes, communistes-libertaires) s'affrontent. En septembre, plusieurs jeunes militants dont : Michel Cavallier, Guy Malouvier, Richard Pérez, Antonio Ariste, Ramon Finster, Paul Chenard, Daniel Florac et Jacques Serra, proposent à Fayolle de créer une nouvelle organisation, l'ORA (Organisation révolutionnaire anarchiste). Dans un premier temps, ce courant reste au sein de la FA, mais publiera à partir de janvier 1968 un bulletin "L'Oganisation libertaire" qui se référait à la "Plateforme" d'Archinov. Les évènements de mai 68 donnent un élan à l'ORA qui agit ensuite pour son propre compte notamment lors du congrès international de Carrare où l'ORA se verra confier le secrétariat de l’Internationale des fédérations anarchistes (IFA). Lors du congrès de la FA en novembre 1968, Fayolle et les membres de son groupe sont accusés de fractionnisme et démis de leurs fonctions. A partir du printemps 1969, Fayolle collaborera à l’hebdomadaire "Espoir" (Toulouse) qui avait ouvert ses colonnes aux militants de l’ORA. La rupture définitive avec la FA eut lieu lors de la première rencontre nationale de l'ORA dans les locaux de la CNT espagnole à Paris les 29 et 30 mars 1970.
Mais Fayolle ne verra pas l'évolution de l'ORA (qui deviendra l'OCL en 1976). Atteint d'un cancer du poumon, il est hospitalisé en mai 1970 et décède quatre mois plus tard à l'hôpital de Versailles.

 


fil chouette

 

revue "La Rivolta"

Couverture de ce numéro 5 du 30 septembre 1945

Le 30 septembre 1945, sortie à ? , de ce numéro cinq de cette revue italienne "La Rivolta" (La Révolte). Collection d'écrits politiques et sociaux. A la une de ce numéro des textes de Carlo Cafiero - Anarchie et Communisme; de G. Walter - Spartacus ou de la guerre des gladiateurs; de Benoît Malon - Socialisme et sentimentalisme - Le socialisme évangélique et le christianisme officiel; de Alberto Tucci - Le but de la révolution.

 

 

 

 fil lierre

 

personnage Anarchik pointant le doigtcouverture "Ciao anarchici" Venezia 1984

Fragment de la couverture du livre "ciao anarchici"
images d'une rencontre internationale anarchiste

 

Du 24 au 30 septembre 1984, à Venise (Italie), sur le Campo Santa Margherita, le Campo San Polo et à Tolentini (Faculté d'Architecture), s'est déroulé une grande Rencontre internationale anarchiste "ciao anarchici".
C'est initié par les membres du Centro Studi Libertari "G. Pinelli" de Milan, du CIRA de Lausanne, de l'Anarchos Institute de Montréal, désireux de rendre en cette année 1984 un hommage à George Orwell, que l'idée d'une rencontre internationale anarchiste a germé et s'est répandue dans la mouvance libertaire.
Plusieurs milliers de personnes de toutes sensibilités ou expressions venant de plus de trente pays ont alors convergé vers la ville des mille ponts, pour y rencontrer l'autre, découvrir ses façons d'être, de s'exprimer ou de revendiquer. Cette rencontre voulait être à la fois une fête, un colloque et l’affirmation d’une identité. Ce n'était pas un congrès, il ne s'agissait pas d'élaborer des résolutions, personne n'était mandaté ou délégué par personne. Toutes et tous sont "venu avec leurs baluchons, leurs malles aux trésors, leurs sacs à malices, leur liberté et leur solidarité (...) pour rencontrer les peuples de l'anarchie".
Certains ont animé des débats sur diverses questions actuelles, citons en particulier Murray Bookchin (mais il n'était pas le seul) sur l'écologie sociale, le municipalisme libertaire, etc. D'autres comme Arturo Schwartz, Benito Recchilongo et Pietro Ferrua on parlé d'art et d'anarchie, d'autres ont débattu sur l'anarcho-syndicalisme (Daniel Colson, Luis Andrés Edo, etc.), d'autres ont abordé la place des femmes dans le mouvement anarchiste, débattu de l'éducation libertaire, etc. Des membres de la Communidad del Sur (Uruguay) étaient également présents. Mais aussi le vieux militant coréen Ha Ki Rak ou encore Attilio Bortolotti (80 ans), et Domenico Girelli (92 ans).
Durant ces six jours le spectale et la fête n'ont pas été oublié ainsi que l'expression artistique (expositions, concerts, théâtre, cinéma, ateliers créatifs). Nombreux étaient les chanteurs et groupes musicaux d'expressions diverses, passant du chant révolutionnaire anarchiste au concert punk. A noter que des compagnes et compagnons assurant la restauration ont servi en 6 jours 21 000 portions et 3 000 sandwiches, sans compter 3 000 litres de vin et 2123 litres d'autres boissons. Au bout de ces six jours "Les organisateurs étaient crevés. Ils avaient donné un bal pour trois mille personnes pendant une semaine sans domestiques." (Stephen Schecter).