les souteneurs du capital  gravure de Louis Moreau

Gravure de Louis Moreau : Les souteneurs

Ephéméride Anarchiste

27 septembre

  Alexandre Cohen

Alexandre Cohen

 Le 27 septembre 1864, naissance de Jozef Alexander (Alexandre) COHEN, à Leeuwarden (Pays-Bas).
Publiciste anarchiste, antimilitariste et anticolonialiste d'origine néerlandaise (devenu monarchiste dans les années trente).
Il est issu d'une famille de commerçants. De 1882 à 1887, il est envoyé aux Indes néerlandaise (Java) pour y effectuer cinq ans de service militaire. Il y découvre les horreurs du colonialisme et du militarisme décrit par son prédécesseur Multatuli dans son roman "Max Havelard". Son indiscipline lui vaudra de passer trois années, sur les cinq, en prison.
A son retour aux Pays-Bas, il devient journaliste au "Groninger Weekblad" où il écrira de nombreux articles anticolonialistes et antimilitaristes. Il collabore ensuite au journal de Ferdinand Domela Nieuwenhuis "Recht voor Allen". En novembre 1887, il est condamné à 6 mois de prison pour outrage au roi Guillaume III, qu'il qualifie de "gorille". Un article, écrit en mars 1888, le contraint à l'exil en Belgique. Il travaille un temps au quotidien socialiste "Vooruit", avant d'être expulsé de Belgique et d'arriver à Paris en mai 1888.
Jean Allemane lui apprend le métier de typographe. En juillet 1889, il retrouve son ami Domela Nieuwenhuis lors du Congrès socialiste international (marxiste) de la salle Pétrelle. Il évolue ensuite vers l'anarchisme et fréquente la bohème littéraire. Correspondant français du "Recht voor Allen" de Nieuwenhuis, il aurait eu une influence décisive sur l'évolution anarchiste de ce dernier.
Polyglotte, Alexandre Cohen collabore sous divers pseudonymes à la presse libertaire française dont : "La Révolte", "Le Père Peinard" et "L'Endehors". Il se lie avec Victor Barruand et effectue diverses traductions, notamment : Multatuli, Gehardt Hauptmann et Nieuwenhuis en français, et Emile Zola en néerlandais. En 1890, il accompagne Nieuwenhuis chez Elisée Reclus à Sèvres. Il se lie également avec Frédéric Stackelberg et les anarchistes allemands Bernhard Kampffmeyer et Rudolf Rocker.
Le 10 juin 1892, il participe au meeting à la Maison du peuple et y dénonçe l’expédition coloniale française au Dahomey. Il rencontre ensuite Émile Henry et Félix Fénéon avec lesquels il devient amis. En décembre 1893, après l’attentat d’Auguste Vaillant à l’Assemblée nationale, Alexandre Cohen qui n'avait pu obtenir sa naturalisation française, est expulsé de France. Il se réfugie à Londres, où il collabore au journal anarchiste "The Torch" des sœurs Rossetti. Il y rencontre Louise Michel et Pierre Kropotkine. Du 6 au 12 août 1894, il est jugé par contumace lors du "Procès des Trente". Malgré l'acquitement presque général, il este condamné par défaut, le 31 octobre 1894, avec les autres absents du procès, dont Paul Reclus, Constant Martin, François-Louis Duprat, à vingt ans de travaux forcés.
En juillet 1896, il sert d’interprète à Domela Nieuwenhuis au "Congrès socialiste international" à Londres. Il rentre aux Pays-Bas, et purge la peine de prison qui l’attendait depuis 1888. Il publie ensuite vingt numéros d'un petit journal individualiste "De Paradox". Il revient en France en 1899, sa peine étant amnistiée (le 2 février 1895. Il collabore à "La Revue blanche" mais commence à changer d'opinion. En 1904, il retourne en Indonésie, chargé par le gouvernement français d'un rapport sur éducation dans l'Indochine française comparée aux Indes néerlandaises. Il entre ensuite comme rédacteur au service international du "Figaro" puis, à partir de 1905, comme correspondant (grâce à Kees Van Dongen) au quotidien "De Telegraff". En novembre 1907, il obtient sa naturalisation française. En mars 1918, sa ferme à Trélou-sur-Marne est détruite par les Allemands. Le même mois, il se marie avec une auvergnate Elisa Batut (Kaya), qui partagera sa vie durant 68 ans. A partir des années trente, il est difficile de comprendre son parcours vers l'extrême droite et "l'Action française" (bien qu'il ne puisse pas y adhérer, parce que juif). En 1932, il se fixe à Toulon où il publie ses souvenirs en néerlandais "In Opstand" (En Révolte) et "Van anarchist tot monarchist" (D'anarchiste à monarchiste) en 1936. Après la Libération, le couple Alexandre et Kaya vécurent dans la misère. Ils furent parfois aidés par les soeurs Rossetti, et par Rudolf Rocker qui lui garda son amitié. Alexandre Cohen meurt à Toulon, le 1er novembre 1961.

 

 

Fermín Salvochea

Fermín Salvochea
d'après une photo originale (coll. perso.)

Le 27 septembre 1907, mort de Fermín SALVOCHEA Y ÁLVAREZ, à Cadix (Andalousie).
Importante figure du fédéralisme républicain puis de l'anarchisme espagnol.
Il est né à Cadix (Andalousie) le 1er mars 1842 dans une riche famille de la bourgeoise commerçante. A 15 ans, son père l'envoie en Angleterre pour y apprendre l'économie et les langues. Il y séjourne cinq années réparties entre Londres et Liverpool. Il y entre en contact avec les milieux radicaux et progressistes, s'intéressant aux problèmes sociaux. Il étudie alors Robert Owen, Thomas Paine, Charles Berdlow (qu'il a connu), et Charles Fourier. De retour à Cadix en 1864, il rejoint le groupe des socialistes dits utopiques et se fait connaitre par sa tolérence et sa générosité. Sa notoriété s'accroît en 1866 avec sa participation à un projet de libération de prisonniers politiques de Cadix, puis avec son implication dans la révolution de septembre 1868 (La Glorieuse) initiée par les républicains fédéralistes.
En octobre 1868, il est élu membre du Conseil provincial du gouvernement provisoire. En décembre il est nommé commandant en second, du bataillon de "Volontaires de la Liberté" avec lequel il défend Cadix jusqu'au 11 décembre, avant d'être arrêté. Il est emprisonné à la forteresse de Santa Catalina durant deux mois.
En janvier 1869, durant sa détention, il est élu membre de l'Assemblée Constituante. Le gouvernement ne reconnait pas son élection, mais un mois plus tard le nouveau Parlement l'amnistie. De nouveau libre, il réorganise le mouvement fédéraliste et prend part à des expéditions armées contre le gouvernement dans la Sierra de Cadix. Battu par les troupes gouvernementales en octobre 1869, il se réfugie à Gibraltar. Le 12 janvier 1870, il est à Paris où il participe à la manifestation anti-bonapartiste lors de l'enterrement du journaliste Victor Noir. En 1871, une amnistie lui permet de rentrer (de Londres) à Cadix. C'est à cette époque qu'il s'affilie à l'Internationale et se lie avec les bakouninistes Anselmo Lorenzo et Franciso Mora, bien qu'il se réclame encore du fédéralisme républicain. Lors de l'avènement de la Première République, le 23 mars 1873, il est nommé maire de Cadix. Sans désarmer, il sera élu Président du Comité administratif du Canton de Cadix, un poste qu'il occupera durant les mois de juillet et août. Il est arrêté par les troupes du Général Pavía, après l'échec du mouvement cantonnaliste. Jugé au début de 1874, par un Conseil de Guerre à Séville, il est condamné à la prison à perpétuité et emprisonné au rocher de la Gomera et à Ceuta. Les années passées en prison lui permettent d'approfondir sa connaissance de l'anarchisme et de rencontrer de nombreux indépendantistes cubains. En 1883, il renonce à une grâce de la mairie de Cadix parce qu'elle n'englobe pas toutes les personnes. En 1884, il parvient à s'enfuir et à rejoindre Gibraltar en bateau. Après une saison à Lisbonne et Oran, il s'établit à Tanger. De nouveau amnistié après la mort d'Alphonse XII, il retourne en Espagne, où il commence une active propagande communiste-anarchiste. De février 1886, à août 1891, il publie le périodique anarchiste "El Socialismo", cela lui vaudra de nouveaux séjours en prison. En 1891, il participe à un congrès de l'Alliance à Madrid, puis à Cordou à un meeting avec Ricardo Mella et Juan Jose Garcia. Lors des élections de février 1891, il se prononce pour l'abstention. Le 29 avril 1891, il est arrêté avec José Ponce et Juan Jose Garcia Ríos, et jugé le 7 décembre pour des attentats à Cadix.
Il est en prison lors du soulèvement paysan du 8 janvier 1892 à Xéres, mais considéré comme l'un des chefs de file de la "Mano Negra", il est condamné le 12 février 1893 à 12 ans de prison. En août 1893, en prison à Valladolid, victime de mauvais traitements, il tente de se suicider en se taillant les poignets. Après un séjour à l'hôpital, il est transféré le 21 août 1898 à la prison de Burgos. Libéré en 1899, il revient à Cadix, puis se fixe à Madrid avec Pedro Vallina, où il vit pauvrement comme repésentant en vins, et écrit pour divers journaux, malgré une cécité naissante. A Madrid, il fréquente le Centre Fédéral et la Société des Libres penseurs et collabore à "La Revista Blanca" et à "Tierra y Libertad". En 1900, il participe à l'organisation de l'enterrement de Pi i Margall. En 1902, il prend part à l'organisation de la grève générale de Barcelone. En 1905, avec Vallina, il prépare un attentat contre le roi, avec l'espoir de susciter un mouvement insurrectionnel. Il traduit et publie diverses brochures, mais accusé de délit de presse, il fuit à Tanger. Au début de 1907, il retourne à Cadix, il y meurt accidentellement le 27 septembre, en chutant, durant son sommeil, de la table sur laquelle il dormait.
Ses funérailles seront marquées par une grande manifestation de ferveur populaire, rassemblant plus de 50.000 personnes.

funérailles de Fermín Salvochea
Carte postale : l'Enterrement de Fermín Salvochea à Cadix.


Fermin Salvochea a collaboré à de nombreuses publications anarchistes et républicaines : "Acción Libertaria", "La Alarma", "La Anarquía", "Bandera Social", "Boletín de la FRE", "El Corsario", "El Cosmopolita", "La Huelga General", "La Idea Libre", "El Heraldo", "El Látigo", "El País", "El Porvenir del Obrero", "El Productor", "El Progreso", "El Pueblo", "La Revista Blanca", "Tierra y Libertad", "El Trabajo", "La Voz del Obrero del Mar", etc.
Il est aussi l'auteur de : "Al esclavo" (1900), co-auteur en 1905 de "Cantos de la Escuela Moderna" et a réalisé diverses traductions (de Milton, Louise Michel, Kropotkine, Flammarion, etc.).
Il a rencontré de nombreux anarchistes et était un grand ami de Blasco Ibánez (qui le mettra en scène dans un de ses romans), de la famille Urales et de José Sánchez Rosa. En 1936, on donna son nom à une des colonnes de miliciens qui combattaient sur le front d'Aragon. Il est toujours très honoré à Cadix où, outre un monument, une rue, une école et diverses associations et groupements portent son nom.

 

 

 

Le 27 septembre 1974, mort d'Auguste LE LANN, à Brest.
Militant anarchiste et anarcho-syndicaliste breton.
Il est né le 16 février 1904 à Lambézellec (dép. du Finistère). Très jeune orphelin, suite à la mort de son père durant la Première guerre mondiale, il est pupille de la Marine nationale. Déjà repéré par les autorités, il effectue son service militaire dans un bataillon disciplinaire à Saint-Brieuc. Embauché comme ouvrier chaudronnier à l'Arsenal de Brest, il y rencontre Jules Le Gall et Victor Pengam, qui travaillaient dans le même atelier. Auguste Le Lann, est nommé secrétaire du Conseil d'administration de La Maison du Peuple, il en sera également le bibliothécaire de 1924 à 1929.
A partir de 1925, il est secrétaire des" Jeunesses Syndicalistes" et membre de "l'Union Anarchiste" (UA), et responsable de la diffusion du journal "Le Libertaire" auquel il collabore. Il figure alors sur les fichers du "Carnet B" qui recense les antimilitaristes. Au début des années trente, il est membre de la rédaction du journal "Le Flambeau"(1927-1934), Organe mensuel d'éducation, de libre pensée et de combat. En 1936, il est secrétaire du groupe de l'UA de Brest et membre de la "Ligue Internationale des Combattants de la Paix" (LICP). En 1937, il est secrétaire de la "Fédération libertaire de l'Ouest" et de "Solidarité Internationale Antifasciste" (SIA), pour la région. Auguste Le Lann sera cette même année, à Paris, délégué du Groupe libertaire de Brest, aux côtés de René Lochu et René Martin lors d'un congrès où ils rencontrèrent Louis Lecoin.
Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier, puis est libéré en 1941. Le 22 septembre 1942, il est arrêté et interné durant deux mois au Camp de Voyes. Durant l'occupation, il est étroitement surveillé, son logement sera à plusieurs reprises perquisitionné par la police de Vichy. Après la Libération, il reconstitua le Groupe d'Études Sociales de Brest et, membre de la "Fédération anarchiste française", en sera le responsable départemental. Également militant anarcho-syndicaliste, il adhérera à la CNT Française. En août 1947, il sera membre d'un comité de grève à l'Arsenal. Après avoir collaboré au "Libertaire" après la Libération, il participera ensuite au "Monde Libertaire". Toujours militant de la CNTF sur la fin de sa vie, il participait aux journaux "Le Combat Syndicaliste" et "Espoir" et était secrétaire du comité régional de l'Ouest de SIA.

 

 

 

fil lierre

 

affiche de l'expositon internationale de Barcelone en 1993

Affiche de l'Exposition Internationale sur l'Anarchisme, à Barcelone, en 1993

Le 27 septembre 1993, à Barcelone, (Catalogne), inauguration de "L'Exposition Internationale sur l'Anarchisme", à l'initiative de la "Fondation d'Etudes Libertaires et anarcho-syndicalistes (CNT de Catalogne)", de la "Fondation Anselmo Lorenzo" (CNT, Madrid), de "l'Athénée Enciclopedic Popular" (Barcelone), de "l'Athénée libertaire du quartier de "Poble Sec" (Barcelone), avec la collaboration du "Centre d'Etudes Libertaires" (de Milan), du "CIRA de Lausanne" et du "CIRA de Marseille". Cette importante manifestation culturelle anarchiste s'est déroulée jusqu'au 10 octobre 1993 au "Centre Civic de Sants" (Barcelone). Outre des expositions sur Francisco Ferrer et l'Ecole Monderne, L'Art et l'Anarchie, l'Anarchisme espagnol, de nombreux débats ont eu lieu en diverses langues (traduits simultanément en castillan, français et anglais), sur des sujets aussi divers que : "Ethnie, Nation et Etat"; "Individualisme, Communauté et Société"; "Au-delà de la démocratie"; "Nord-Sud et les damnés de la Terre"; "Une utopie pour le XXIème siécle"; "Ecologie : la ville et la campagne"; "Médias et communications"; Science et anarchisme"; "Travail alternatif"; "Militarisme"; "Féminisme et post-féminisme"; "Marginalisation sociale"; "Enseigner et apprendre"; "Anarcho-syndicalisme"; etc.
Durant la durée de l'Exposition, ont eu lieu divers spectacles musicaux, artistiques, récitals de poésie, ainsi qu'une semaine de ciméma libertaire, organisé par la Filmothèque de Catalogne.