dessin : vermine capitaliste

Une du numéro 8 (mai 1971) de "front libertaire des luttes de classes"

Ephéméride Anarchiste

27 février

 

Gustave Mathieu

Portrait de Gustave Mathieu
Dans "Le Monde Illustré" du 8 avril 1893

Le 27 février 1866, naissance de Gustave Louis MATHIEU à Guise (Aisne).
Militant anarchiste.
Il est peut-être né au Familistère de Godin à Guise, où son père était ouvrier et où lui-même commença très jeune à travailler comme mouleur. En septembre 1887, il est arrêté par les gendarmes pour avoir placardé deux affiches manuscrites pour dénoncer le licenciement abusif du compagnon Bal par Godin. Il est à son tour victime du paternalisme patronal et licencié ainsi que son frère Emile.
Il se fixe ensuite à St-Ouen (près de Paris) en 1890, et milite au groupe anarchiste de St-Denis. Il était avec Charles Simon, dit Biscuit, employé chez l'ancien communard Auguste Viard, devenu anarchiste et qui tenait un commerce de couleur et vernis en gros à Saint-Ouen. Mais après le décès de Viard le 17 janvier 1892, Mathieu et Biscuit emportèrent, à la demande de sa veuve, 20 000 francs de marchandises qu'ils cachèrent dans plusieurs hangars. Soupçonné de complicité dans les attentats (11 et 27 mars 1892) de Ravachol, il est arrêté, mais bénéficiera le 10 avril 1892, d'une ordonnance de non-lieu. Mais face à de nouvelles menaces d'arrestations, il préfére se réfugier à Londres, dans "Les Joyeusetés de l'exil" chères à Charles Malato. C'est à cette époque que Mme Viard, attaquée par un créancier, accuse Mathieu et Simon de vol. Le 5 mai 1892, ils sont condamnés, par défaut (pour Mathieu), à cinq ans prison pour complicité par recel.
En avril 1892, il intervient lors du premier procès de Ravachol, avec une lettre postée de Londres, dans laquelle il tente de disculper Ravachol de certaines accusations portées par Chaumartin et demande l'acquittement de Joseph Beala. Collaborateur de "L'Endehors" de Zo d'Axa, Mathieu y écrit en juillet 1892 : "Les petits Ravachol vont grandir. Vous aurez beau faire, ils seront encore plus adroits et terribles que leur devancier! ".
Mais rentré en France, il est arrêté le 26 mars 1893, à St-Michel en Thiérache (Aisne). Le 9 août, il comparait devant la Cour d'assises de l'Aisne pour un vol commis à Saint-Michel, qu'on tente de lui imputer, il est acquitté. Toujours sous le coup de sa condamnation du 5 mai 1892, il est rejugé le 26 août 1893 et condamné à un an de prison et deux ans d'interdiction de séjour; quant à la veuve Viard, elle ne se manifestera pas, préférant laisser condamner un innocent à sa place.
Après avoir purgé sa peine il s’exile en Belgique où il participe cette fois à un cambriolage destiné à financer l’évasion de Simon dit Biscuit, condamné au bagne lors du procès Ravachol, mais il est arrêté et condamné à cinq ans de prison qu’il purgera à Louvain.
De retour en France, il travaillera ensuite comme forain, vendant de la lingerie sur les marchés de la région parisienne puis à Guise, où il décèdera le 14 janvier 1947, à près de 81ans.
A noter qui fut entre les deux guerres un abonné de "La Révolution prolétarienne", de Pierre Monatte.

 

 

 

Le 27 février 1867, naissance de Paulin MAILFAIT à Charleville (mort le 30 août 1927).
Militant anarchiste ardennais.
Il participa au groupe des "Sans patrie", avec Bouillard, Thomassin, Leroux, etc. Ce groupe avait vu le jour le 18 octobre 1891 et proclamait: "Notre titre (les sans patrie) est une déclaration de guerre au militarisme ainsi qu'à l'idée de conquête ou d'asservissement des peuples."
En mars 1892, Mailfait organisa, avec Leroux et Moray, la désertion d'un compagnon, Loriette, soldat à Reims. Tout marcha comme prévu. Mais Loriette, une fois évadé, alla directement se constituer prisonnier à la gendarmerie! Mailfait et Moray eurent le temps de se réfugier en Belgique. Leroux, lui, fut arrêté. Il tentera d'échapper aux gendarmes en se jetant dans un canal mais, ne sachant pas nager, il s'y noiera. Mailfait sera arrêté plus tard, à Liège, puis extradé vers la France, et condamné à 8 mois de prison.

 

 

Le 27 février 1876, naissance à Nice, de François Segond CASTEU.
Militant anarchiste.
Il fréquenta la "Ruche" de Sébastien Faure, collaborera au "Libertaire" mais surtout à "Germinal", hebdomadaire de la Somme. Ses propos lui valurent plusieurs fois d'être inquiété par la justice. En septembre 1927, il sera poursuivi pour ses articles anticléricaux et incarcéré à la prison d'Amiens, puis libéré après une grève de la faim. Il est mort en 1935.

 

Giuseppe Monanni

Giuseppe Monanni

(Archives de la Famille Berneri)

Le 27 février 1887, naissance de Giuseppe MONANNI, dit Mony, à Arezzo (Toscane).
Editeur, journaliste et propagandiste anarchiste individualiste italien.
Typographe de profession, il fonde en 1907, à Florence, la revue anarchiste "Vir" et rencontre celle qui va devenir sa compagne Leda Rafanelli. En 1908, le couple s'installe à Milan, où ils collaborent à divers journaux et en publient d'autres : "La Questione Sociale"(1909); "La Rivolta"(1911); "La Libertà" (1913-1914). Parallèlement à son activité journalistique, il déploie un intense travail éditorial avec la création de la "Libreria Editrice Sociale" (de 1910 à 1915), puis de la "Casa Editrice Sociale" (de 1919 à 1926), et enfin de la "Casa Editrice Monanni" (de 1926 à 1933). Il publiera ainsi tous les classiques de l'anarchisme individualiste de Nietzche à Palante. Il n'y aura qu'une seule interruption, dans cette activité éditoriale, au moment de la première guerre mondiale, ou il se réfugie en Suisse. A son retour en Italie, il assiste à la montée du fascisme qui va rendre toute propagande très difficile, avec une répression accrue faite d'arrestations, d'emprisonnements ou d'assassinats. En 1925, il crée pourtant, avec Carlo Molaschi, une "Università Libera" mais après le vote de lois spéciales, son activité est limité à l'enseignement général. Il est ensuite contraint pour des raisons financières et politiques de cesser toute activité éditoriale. Après la fin de la guerre et la chute du fascisme en Italie, il collabore de nouveau sous le pseudonyme de "Mony" au journal "Libertario".
Il est mort à Milan le 4 décembre 1952.


 fil chouette



le representant du peuple

En-tête du numéro 108 du 21 août 1848 (doc. CIRA de Lausanne)

Le 27 février 1848, sortie à Paris du premier numéro du journal quotidien et hebdomadaire des travailleurs "Le Représentant du Peuple", dirigé par Proudhon. Il y affirme que le prolétariat doit s'émanciper seul, sans l'aide des gouvernements. Le journal se vendra jusqu'à 40 000 exemplaires. Mais il sera interdit par le gouvernement, le dernier numéro paraîtra le 10 juillet 1848.
Le journal "Le Peuple" lui succèdera entre le 2 septembre 1848 et le 13 juin 1849, puis "La Voix du Peuple" entre le 1er octobre 1849 et le 14 mai 1850, puis à nouveau "Le Peuple" du 15 juin au 13 octobre 1850.


"Qu'est-ce que le producteur? Rien. - Que doit-il être? Tout.
Plus de conscription.
Plus d'impôts.
Plus d'usure.
Plus de vénalité des charges.
L'Instruction gratuite.
L'apprentissage gratuit.
Le crédit gratuit.
La justice gratuite.
Qu'est-ce que le capitaliste? Tout. - Que doit-il être? Rien.
Liberté de la presse.
Liberté d'association.
Liberté du commerce et de l'industrie.
Liberté de l'enseignement.
Organisation du suffrage universel.
Le travail pour tout le monde.
La propriété pour tout le monde."

 

fil chouette

 

journal "Le déchard"

En-tête du premier numéro en date du samedi 27 février 1892

Le 27 février 1892, à Damery-Brunet (dép. de La Marne), sortie du premier numéro du journal "Le Déchard" Organe hebdomadaire Révolutionnaire de la Région Est & Nord. Seuls deux numéros sont connus, le dernier en date du 12 mars 1892. A noter le nom du rédacteur en chef en forme d'interrogation : Eh Kécsatfoux ? (Eh qu'est-ce que ça te fout?)

 

 

fil zig 

proces de la bande a bonnot

Les survivants de la bande à Bonnot et leurs complices devant les Assises de la Seine

Le 27 février 1913, aux Assises de la Seine à Paris, à 8 heure du matin, après 25 jours de débat, s'achève le procès des vingt-deux survivants et complices de la dite "bande à Bonnot" (Bonnot, Garnier et Valet étant tombés sous les balles de la police) Vingt prévenu(e)s sont présents, ils ont à répondre de plus de trente crimes ou délits commis tant en France qu'à l'étranger. Après treize heures de délibérations, la vindicte publique, par l'entremise de ses juges et jurés, peut se manifester:
- Raymond CALLEMIN
(22 ans, typographe), Eugène DIEUDONNE ( 28 ans, menuisier), André SOUDY (20 ans, garçon épicier), et Elie MONIER (23 ans, fleuriste) sont condamnés à mort.
- Marius METGE (22 ans, cuisinier), et Edouard CAROUY (29 ans, ouvrier tourneur) au bagne à perpétuité.
- Jean DE BOE (23 ans, typographe) à dix ans de travaux forcés.
- Kléber BENARD (22 ans, naturaliste) à six ans de prison.
- André POYER (21 ans, mécanicien), et Henry CROZAT De FLEURY (26 ans, remisier), à cinq ans de prison.
- Victor KIBALTCHICHE (32 ans, dessinateur industriel et traducteur) à cinq ans de prison.

- Georges DETTWEILLER (37 ans, garagiste) et David BELONIE (27 ans, employé de commerce ) à quatre ans de prison.
- Pierre JOURDAN (25 ans, forain) et Antoine GAUZY (33 ans, soldeur) à 18 mois de prison.
- Charles REINERT (33 ans, ouvrier fondeur) à un an de prison.
- Louis RIMBAULT (35 ans, serrurier) acquitté (absent du procès pour cause d'internement après avoir simulé la folie).
- Léon Alphonse RODRIGUEZ (34 ans, marchand forain) acquitté
(pour service rendu à la police).
- Marie VUILLEMIN épouse SCHOOFS (23 ans, sans profession), Barbe LE CLERCH (22 ans, plumassière) et Rirette MAITREJEAN (27 ans, ancienne institutrice) sont acquittées.

Un doute planant sur la culpabilité d'Eugène DIEUDONNE dans l'attaque de la rue Ordener, sa peine de mort sera commuée le 20 avril 1913 (veille de l'exécution), en travaux forcés à perpétuité.
A noter qu'André De BLASUS (29 ans, cordonnier) sera condamné (à un autre moment ?) à six mois de prison.
Quant à Bernard GORODESKY (27 ans, brocanteur), en fuite, il est condamné par contumace, à dix ans de réclusion. Il ne sera jamais retrouvé.

 

 

 fil zig

 

Le 27 février 1908, aux Etats-Unis, le journal "San Francisco Chronicle" dans son édition du jour, considére que le fait d'affirmer ses convictions anarchistes est "une preuve décisive de folie incurable".

 

 

 

fil bombe

 



Le Reichstag en feu au soir du 27 février 1933

Le 27 février 1933, au soir, à Berlin, incendie du Reichstag (Parlement Allemand). L'incendiaire, un jeune conseilliste (dissident communiste partisan des conseils) hollandais, Marinus van der LUBBE est arrêté à l'intérieur du Parlement. Ce jeune idéaliste de 24 ans revendique aussitôt son acte individuel contre ce monument "symbolique" comme un signal destiné à réveiller le mouvement ouvrier. Calomnié par les nazis qui tenteront de faire croire à un prétendu complot communiste, il sera également sali par les staliniens qui le dénigreront en le présentant comme un simple d'esprit manipulé par les nazis.
Cet évènement servira de pretexte aux nazis pour s'emparer totalement du pouvoir et, dès le lendemain, des milliers de militants communistes et anarchistes seront arrêtés, dont Erich Mühsam.
Marinus van der LUBBE qui fera une grève de la faim dans sa prison avant d'être alimenté de force, sera jugé à Leipzig à partir du 21 septembre 1933. Condamné à mort le 23 décembre, il sera décapité le 10 janvier 1934 dans la prison de Leipzig.
En dehors des militants du "Radencommunist" hollandais et de quelques anarchistes allemands et français comme André Prudhommeaux (qui constituera un "Comité Marinus van der Lubbe") ou Alphonse Barbé, rares seront les personnes qui soutiendront Marinus et tenteront de faire la lumière sur cet évèmement crucial.
Lire à ce sujet le livre: Carnet de route de l'incendiaire du Reichstag (présenté par Yves Pagès et Charles Reeve).